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L'ascenseur spatial est «faisable» (mais c'est pas gagné)

Andréa Fradin, mis à jour le 24.02.2014 à 12 h 11

«Space elevator GEO Station» par flying singer via Flickr licence cc by

«Space elevator GEO Station» par flying singer via Flickr licence cc by

L'ascenseur spatial est un véritable serpent de mer cosmique. Mais à en croire une étude récente, ce projet un peu fou qui consisterait à tendre un câble entre la Terre et une plate-forme en orbite à plus de 36.000 kilomètres au-dessus de nos têtes serait aujourd'hui «faisable»

Réalisée par une «collection diverse d'experts du monde entier [et] sous les auspices de l'International Academy of Astronautics (IAA)», précise le site Space, ce rapport estime ainsi que les risques liés à la construction et à l'utilisation de l'ascenseur spatial «devraient être limités par le progrès technologique» et qu'un tel projet devrait être lancé sous l'égide d'«un effort international majeur.»

Comme le rappelle Space.com, l'idée même d'un ascenseur spatial «est enracinée dans l'histoire»:

«Nombreux sont ceux qui mentionnent la "réflexion" en avance sur son temps publiée en 1895 par le pionnier spatial russe Konstantin Tsiolkovsky. Il a suggéré la création d'une tour dressée de la surface de la Terre vers les hauteurs d'une orbite géostationnaire (à 35.786 km).»

De même, Arthur C. Clarke a fait la promotion de cette espèce de «structure massive façon Jack-et-le-haricot-magique», pour reprendre l'expression du site spécialisé io9. Space.com rappelle que l'auteur de science-fiction déclarait en 2003:

«L'ascenseur spatial sera construit dix ans après qu'ils auront arrêté de rire... et ils ont arrêté de rire!»

Si les auteurs de la nouvelle étude estiment que les découvertes scientifiques récentes, notamment dans l'utilisation des nanotubes de carbone ou des cellules photovoltaïques, permettent de croire en l'avénement prochain de l'ascenseur spatial, d'autres se montrent au contraire bien plus réservés.

Il y a quelques mois, io9 faisait la liste des problèmes qui s'opposent encore à la réalisation d'un tel projet: les vibrations bien trop violentes auxquelles le câble serait soumis, renforcées par le va-et-vient des nacelles le long du câble, les débris spatiaux (tels que les satellites) et les risques d'attentats...

Mais aussi, et c'est le premier obstacle, l'absence de matériau suffisamment solide pour créer le câble. Io9 modère ainsi les espoirs placés dans les nanotubes de carbone, rappelant que le plus long «jamais construit est de seulement quelques pouces de long [quelques centimètres, ndlr] et d'un nanomètre d'épaisseur [10−9 mètres, ndlr Bref, c'est loin d'être gagné, surtout quand on sait que les autres matériaux sont tout simplement inenvisageables. Comme l'écrit Terry Pratchett dans La Science du Disque-monde, «pour dix centimères de diamètre au sol», une structure en acier nécessiterait «4 milliards de km au sommet»!

Cette nouvelle perspective optimiste n'est pour autant pas complètement isolée: en 2001 déjà, «deux équipes de la NASA réalisèrent des études de faisabilité et toute deux conclurent que, sur le plan technologique, c'était possible», souligne encore Pratchett. «De justesse» certes, mais possible, si les efforts nécessaires notamment (voire surtout) financiers, sont engagés.

Des efforts que pourraient en partie assumer un certain Google. C'est en tout cas ce que pensent certains, à qui le financement consacrée par le géant du web à la recherche et au développement (près de 7 milliards de dollars en 2012) fait tourner la tête.

Si bien qu'une rumeur répandue affirme que Google réfléchirait très sérieusement au projet d'ascenseur spatial, dans son laboratoire secret Google X. Ce dernier ne dément pas, ou mollement, et alimenterait le mythe en affichant, à en croire un reportage de Bloomberg, des plans du projet dans les couloirs de son centre de recherche...

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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