Tech & internetLife

Les images satellite, une nouvelle méthode pour recenser les baleines

Alice Bru, mis à jour le 17.02.2014 à 19 h 00

Des baleines franches vues d'avion, anim 1751 / NOAA Photo Library via Flickr CC License by

Des baleines franches vues d'avion, anim 1751 / NOAA Photo Library via Flickr CC License by

Nous nous étions déjà penchés ici-même sur les diverses techniques de comptage d'animaux sauvages pour leur protection ou l'établissement de quotas de chasse et de pêche: la capture, le comptage à vue d'œil, le comptage sonore... Aujourd'hui, des chercheurs britanniques du British Antartic Survey ont mis au point une nouvelle technique de recensement des baleines dans l'Atlantique Sud, en utilisant les images haute définition fournies par des satellites d'observation de la Terre. L'étude, menée par Peter Fretwell, a été publiée le 12 février par la revue scientifique en ligne site Plos One.

Les cétacés étudiés ici sont des baleines franches australes (Eubalaena Australis), détaille le site Eurekalert.org. Ces baleines, qui peuvent mesurer jusqu'à 15 mètres et peser 47 tonnes, ont été choisies pour leur grande taille et l'habitude qu'elles ont de séjourner près de la surface, formant de grands groupes à la saison des amours. Justement, c'est un de ces rassemblements, dans la péninsule de Valdés en Argentine, qui a servi à tester la méthode.

L'utilisation de satellites permet d'améliorer grandement l'efficacité des méthodes de recensement des baleines. «Les populations de baleines ont toujours été difficiles à recenser, explique Peter Fretwell, cité par SCI News, les moyens de comptage sont localisés, onéreux et manquent de précision. La possibilité de compter les baleines automatiquement, sur de grandes étendues, à un coût réduit, sera très bénéfique pour les efforts de conservation de cette espèce, et potentiellement pour d'autres».

Pour compter ces fameuses baleines, l'équipe a utilisé les photos prises par le satellite World View 2, qui couvre une surface de 113 km2 et peut détecter des animaux à une profondeur de 15 mètres. Pour être reconnues comme des baleines, les silhouettes devaient répondre à trois critères, détaillés par Planet Earth. D'abord, la silhouette doit avoir une forme et une taille de baleine. Il ne doit pas y avoir d'objets autour pouvant ressembler à des baleines sans l'être, et enfin il faut que la silhouette se trouve à un endroit où l'on s'attend à trouver une baleine.

Les chercheurs ont ainsi identifié 55 baleines probables, 23 objets pouvant être des baleines et 13 autres qui n'étaient visibles que sous certaines longueurs d'ondes. Le recensement par images satellite a été comparé à d'autres techniques automatiques et a démontré que la numérisation du spectre lumineux des images et de la bande côtière donnait les meilleurs résultats, détaille le résumé de l'enquête publié sur Plos One.

Enfin, le comptage des baleines a été délégué à un programme informatique dédié, comme l'explique Peter Fretwell cité par Planet Earth:

«Le fait que ce soit un programme informatique est vraiment important – on ne va pas chercher des baleines pixel par pixel. Le programme automatique a un taux d'exactitude de 90%, donc il a toujours besoin d'action humaine, mais en utilisant plusieurs images et en tirant avantage de l'amélioration de la technologie des satellites, on devrait être capables de compter les baleines dans tout l'océan du Sud, ou d'autres espèces.»

La technique, précise SCI News, avait déjà été envisagée par le passé, mais abandonnée faute de performances satisfaisantes des satellites alors disponibles. Le lancement en 2014 de World View 3 permettra d'améliorer encore le comptage par satellite, en identifiant les animaux et en différenciant les espèces auxquelles il peut s'appliquer.

Alice Bru
Alice Bru (69 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte