Science & santéLife

Les découvertes de génie surviennent à la fin de la trentaine

Grégoire Fleurot, mis à jour le 17.02.2014 à 12 h 23

Un sismogramme enregistre les secousses du tremblement de terre qui a secoué l'Ecosse en 2008. REUTERS/David Moir

Un sismogramme enregistre les secousses du tremblement de terre qui a secoué l'Ecosse en 2008. REUTERS/David Moir

A quel âge sont faites les grandes découvertes scientifiques et sont mises au point les inventions qui changent le monde? C'est la question à laquelle ont tenté de répondre les auteurs d'un article publié par le prestigieux Bureau national de recherche économique (NBER) américain. Pour cela, ils ont examiné les moments clés des carrières des grands inventeurs et des scientifiques ayant gagné un prix Nobel au XXe siècle.

Il ne s'agit donc pas d'une étude produisant de nouvelles données, mais plutôt d'un travail de recoupement et d'analyse permettant d'avoir une vision d'ensemble des nombreuses recherches effectuées sur le lien entre l'âge et le génie scientifique.

Le résultat? La fin de la trentaine est le moment où le génie scientifique a tendance à s'exprimer le plus, ce qui place par exemple Albert Einstein, qui a publié sa théorie de la relativité à 36 ans, dans la moyenne. Les auteurs de l'étude écrivent:

«Contrairement à une idée reçue, la plupart des grandes contributions scientifiques ne sont pas le produit de jeunes précoces mais arrivent plutôt de manière disproportionnée à un âge mûr.»

Cette observation est clairement visible sur ce schéma publié avec l'étude:

Les découvertes capitales se font ensuite moins nombreuses en vieillissant parce que l'on investit moins dans l'apprentissage à un age avancé, et parce que le savoir que l'on a devient de moins en moins pertinent. Autre trouvaille, l'âge moyen des innovateurs a augmenté au cours du XXe siècle comme on peut le voir sur cet autre schéma:

Les auteurs écrivent:

«Les travaux les plus récents soulignent d'importantes variations sous-tendant les schémas d'âge et de créativité, et l'âge moyen des grandes contributions scientifiques a augmenté de manière substantielle depuis le début du XXe siècle. [...]»

Le phénomène s'explique en partie par le fait que les scientifiques d'aujourd'hui ont plus à apprendre que leurs prédécesseurs, selon le site du magazine américain The Atlantic, qui consacre aussi un article à l'étude.

Enfin, les auteurs ont trouvé que les personnes qui excellent dans des domaines abstraits comme la physique ont tendance à être plus jeunes que ceux qui gagnent des prix dans des matières qui requièrent plus de contexte comme l'histoire ou la médecine. Une étude de 1977 avait montré que les prix Nobel de physique avaient en moyenne 36 ans, contre 41 ans pour ceux de médecine, rapporte The Atlantic.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte