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Sur Internet, les trolls sont des psychopathes sadiques mais joyeux

«Troll Face» par djandyw.com / Flickr Licence cc by sa.

«Troll Face» par djandyw.com / Flickr Licence cc by sa.

«Le fait de troller est corrélé avec le sadisme, la psychopathie et le machiavélisme.» Non, ce n'est pas nous qui tirons cette conclusion de l'observation quotidienne des commentaires sous nos articles, mais des psychologues canadiens dans une analyse intitulée «Les trolls veulent juste s'amuser» («Trolls just want to have fun», comme dans la chanson de Cindy Lauper).

Au cours de deux expériences, Erin Buckels, Paul Trapnell et Delroy Paulhus se sont lancés dans l'analyse des individus qui commentent sur Internet et, plus spécifiquement, des trolls. Sur le réseau, les trolls ne sont pas des créatures légendaires vaguement dangereuses, mais des internautes qui se comportent «de manière déceptive, destructive ou disruptive dans le cadre social d'Internet sans raisons intéressées apparentes», peut-on lire dans le compte-rendu des chercheurs. En clair, ce sont ceux qui postent de manière récurrente des messages tout à fait désagréables et susceptibles de provoquer l'ire de leurs interlocuteurs, pour le simple plaisir de les poster.

Un phénomène auquel nous nous confrontons chaque jour sur Internet, mais qui a fait l'objet de peu «de recherches empiriques», regrettent les psychologues. Ils s'y sont donc collés en interrogeant plusieurs centaines d'individus sur leur comportement en ligne. Un effort qui justifierait à lui seul «un prix Nobel (et une prime de risque)», plaisante le site du magazine Time. Et en effet, il faut du courage pour s'atteler à des commentaires du genre de ceux qu'a compilés en musique ce «choeur de commentaires YouTube»:

Résultat: les trolls sont donc de gros sadiques vaguement psychopathes et machiavéliques. Et le pire, c'est qu'ils adorent ça:

«Dans l'analyse finale de la deuxième étude, nous avons trouvé des preuves claires qui indiquent que les sadiques ont tendance à troller parce qu'ils aiment ça. En limitant cette jouissance, l'impact du sadisme sur le trolling a été divisé par deux; et l'effet indirect du sadisme à travers le plaisir était substantiel, significatif [...].»

D'autres études avaient auparavant prouvé que le fait même de commenter est le plus souvent généré par l'opposition et les réactions négatives, sur Internet comme ailleurs: la colère se diffuse mieux que l'enthousiasme sur les réseaux sociaux et les personnes qui ont tendance à critiquer critiquent en général à peu près tout.

De même, si les commentaires tournent vite au cauchemar et à l'échange d'insultes, ce serait en raison d'un réflexe humain ancestral qui nous pousserait à associer instinctivement le fait d'avoir raison à notre survie. Bref, évitez de troller si vous ne voulez pas être assimilés au mieux à un homme des cavernes, au pire à un psychopathe du Net.

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