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La barbe vous donne l'air plus viril, mais déplaît à Obama

Andréa Fradin, mis à jour le 06.02.2014 à 11 h 23

"beard" / Anthony Kelly via FlickR licence CC BY

"beard" / Anthony Kelly via FlickR licence CC BY

Le port de la barbe, extrêmement commun aujourd'hui du fait de son retour en grâce il y a quelques années, a des conséquences directes sur le quotidien des mâles, et la façon dont leur entourage les perçoit. C'est ce que rappelle le site New Republic, dans une compilation d'études scientifiques qui se sont penchées sur les effets de cette pilosité faciale qui ne laisse pas l'humanité insensible.

Deux chercheurs ont par exemple confirmé en 2012 que les barbus nous paraissaient plus agressifs et plus âgés. Bien sûr, les «adolescents n'ont pas besoin que les scientifiques leur disent qu'une barbe de trois jours peut les aider à paraître moins juvénile», écrit à raison New Republic, mais l'écologiste australien Barnaby Dixson et le psychologue canadien Paul Vasey ont confronté ces images que nous associons presque malgré nous au port de la barbe aux conditions d'une observation scientifique. Une étude d'autant plus intéressante qu'elle a visé des individus issus de deux cultures différentes: néo-zélandaise (origines européennes) et samoane. Dans les deux cas, les réactions étaient similaires. Plus surprenant, cette observation tend à prouver que la barbe est associée à une plus forte réussite sociale.

D'autres études confirment aussi l'idée selon laquelle cette touffe de poils serait perçue comme un attribut viril. Une image qui pourraît être liée au fait que le port de la barbe est l'expression même de la confiance que porte l'homme dans sa capacité à se battre et à défier des adversaires, «puisque [la barbe] peut facilement être attrapée par les rivaux lors de bagarres». C'est en tout cas la théorie avancée en 1997 par un physiologiste israélien et sa femme, spécialiste en biologie de l'évolution.

En revanche, difficile de savoir si la gente féminine perçoit cet attribut comme plus séduisant, les études présentant des résultats contradictoires. Si elle ne convient pas à votre partenaire, vous pouvez néanmoins vous consoler avec les avantages pratiques de la barbe: «[elle] joue un rôle dans la régulation de la température du corps et le protège des radiations solaires», résume encore New Republic. Ce qui a pour conséquence d'éviter des cancers de la peau, «ou, plus simplement, les coups de soleil», comme nous l'écrivions en avril dernier. Et, par extension, «la barbe peut aussi s'avérer très utile pour prévenir les formes d’asthme et d’allergies»:

«Les poils filtrent l’air et ne laissent alors aucune chance aux allergènes d’entrer dans les narines.»

Malgré sa banalisation, la barbe continue de nous piquer au vif. Et peut même avoir des effets qui dépassent cette perception si particulière de ce caractère pileux: encore récemment, c'est l'un des responsables du service presse de la Maison Blanche, Jay Carney, qui en a fait les frais.

Son nouveau style a été beaucoup commenté par les Américains, raconte New Republic. Tant et si bien que Jay Carney a été contraint de raser la touffe incriminée: «le président n'était pas fan», indique Politico à la suite de la rencontre avec la directrice de la communication de la Maison Blanche, elle-même loin d'apprécier l'attribut:

«La très bonne nouvelle c'est que Jay Carney se soit débarrassé de cette barbe affreuse. [...] En tant que directrice de la communication de la Maison Blanche, j'ai eu mon mot à dire sur la façon dont la personne qui représente le président doit apparaître.»

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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