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Non, vous ne pouvez pas payer des hackers pour espionner votre moitié

Temps de lecture : 2 min

«I must be getting old» / idogcow via Flickr CC License by
«I must be getting old» / idogcow via Flickr CC License by

«Votre épouse vous trompe-t-elle? Savez-vous avec qui? Vous avez le droit de lire les pensées intimes que votre femme écrit à d'autres.» C'est en ces termes que needapassword.com vendait ses services, qui consistaient, comme le nom du site l'indique, à obtenir le mot de passe des conjoints suspectés d'infidélité. Une activité aujourd'hui liquidée: ses deux responsables ont en effet été arrêtés, accusés d'avoir «accédé et facilité l'accès à des ordinateurs protégés, rapporte Mother Jones. Un crime passible d'une peine de cinq ans d'emprisonnement.»

Les deux hommes exigeaient de «50 à 350 dollars» par mot de passe et acceptaient de s'en prendre à tout type de messageries «hébergées par Google, Yahoo et d'autres fournisseurs», précise encore Ars Technica.

A en croire un porte-parole de Google cité par Mother Jones, leur méthode n'avait néanmoins rien de spectaculaire. Ils se contentaient de reproduire une arnaque bien connue sur Internet, le phishing, qui permet d'obtenir des informations personnelles (mots de passe, numéros de comptes ou de carte bancaire) en envoyant des mails formulés de manière à en assurer la crédibilité.

Une fois les mots de passe obtenus, les deux suspects accédaient aux messageries de leurs cibles, prenaient en guise de preuves des captures d'écran de leurs échanges compromettants (ou non) et exigeaient ensuite un paiement via Paypal.


Capture d'écran de la procédure à suivre pour obtenir un mot de passe sur needapassword.com

«[...] Près de 6000 boîtes mail auraient étaient touchées par la combine», peut-on lire sur le site du FBI, qui ajoute que l'un des comptes en banques probablement lié à l'affaire «a reçu près de 150.000 dollars en un an et demi.»

L'arrêt du site neeapassword.com participe d'un coup de filet plus vaste des agents fédéraux, précise Ars Technica, qui a abouti à «au moins onze arrestations.» La clientèle de ce genre de services sur Internet n'est pas en reste: trois personnes ont en effet été arrêtées pour avoir sollicité ce genre de sites, dont un Californien «accusé d'avoir versé près de 22.000 dollars à un site chinois pour obtenir illégalement des mots de passe de compte.»

Bref, si une envie mordante vous prend de fouiller dans les mails de votre chéri(e), soyez prudent. Au-delà du fait que cette «surveillance électronique interpersonnelle» (le nom savant du stalking) peut vous gâcher la vie, elle peut aussi vous coûter très cher.

Sinon, il y a toujours la possibilité de prôner la transparence absolue en partageant tous ses mots de passe, pour convaincre l'autre que non, vous ne draguez pas sur Facebook/Twitter/Instagram/Snapchat. Mais là encore, il y a des risques que ça se passe mal, en particulier en cas de rupture!

Andréa Fradin Journaliste

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