Science & santéLife

Les robots ont désormais des moustaches de chat

Andréa Fradin, mis à jour le 26.01.2014 à 11 h 52

cat whiskers/ barbourians via FlickR licence cc by sa

cat whiskers/ barbourians via FlickR licence cc by sa

S'il y a une chose que les chats n'aiment pas, c'est qu'on leur tripote la moustache. Mieux vaut ne pas trop perturber ce subtil organe sensoriel, indispensable pour que nos matous se repèrent dans l'espace. Tellement subtil et indispensable que des chercheurs ont eu l'idée de doter des robots de cet attribut. Comme l'annonce très solennellement le site de Berkeley, université californienne dont est issue l'équipe à l'origine de cette trouvaille:

«Grâce au monde de la nanotechnologie, nous avons la peau électronique, ou e-skin, l'implant oculaire électronique ou e-eyes. Nous sommes désormais sur le point d'avoir des moustaches électroniques.»

Des e-moustaches donc, qui consistent en des fibres élastiques recouvertes de capteurs sensoriels «en nanotubes de carbone et de nanoparticules d’argent». Pour un résultat très «similaires aux très sensibles moustaches de chats et de rats.» A en croire Engadget, ce dispositif serait jusqu'à «10 fois plus sensible» que les touches de nos smartphones!

En affublant les robots de cet organe, l'objectif est de permettre à ces derniers de «voir et ressentir» leur environnement proche. Grâce à leurs moustaches, aussi appelées vibrisses, «certains mammifères et certains insectes mesurent le vent et naviguent en contournant des obstacles dans des espaces étriqués», explique le responsable de l'équipe sicentifique, Ali Javey. Au passage, les humains aussi disposent de vibrisses, dans nos narines et sous les bras. Pas sûr néanmoins que ces dernières soient d'une grande utilité pour aider des robots à se repérer dans l'espace.


Captures d'écran de Highly-sensitive electronic-whiskers based on patterned carbon nanotube and silver nanoparticle composite films, Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Pour le moment, le robot-chat a réussi à reproduire en trois dimensions le sens des courants d'air qui agitaient ses moustaches. Une première expérience qui laisse espérer que «dans le futur, les e-moustaches [puissent] être utilisées pour cartographier des objets à proximité, ou mener à des capteurs sensoriels pour mesurer les batements de coeurs et le pouls», écrit encore le Berkeley Lab.

Cela fait un moment que la science a compris l'utilité des moustaches: en 2005 déjà, des chercheurs suisses testaient un dispositif équivalent -à ceci près qu'il préférait la souris au chat-: «l'Amouse», pour «Artificial Mouse» (souris artificielle donc). Autre différence: leur robot était doté d'authentiques moustaches «prélevées... sur un rat», écrivait alors Futurasciences. Là encore, l'objectif de l'expérience était d'imiter l'incroyable capacité des animaux à se repérer dans l'espace avec de simples moustaches.

Nous nous dirigeons donc vers une ère de robots qui «ressentent» l'environnement qui les entoure. Si la littérature et le cinéma sont gorgés d'histoires de ce genre, pour ce qui est de ressentir des émotions en revanche, c'est pas encore gagné. Votre robot-chat mignon n'est pas pour demain.

Si le pape du transhumanisme (une humanité augmentée par la technologie) embauché par Google, Ray Kurzweil, estime que le stade où un robot «sera drôle, fera des blagues, sera sexy, amoureux, et comprendra l'émotion humaine» est à attendre en 2029, d'autres scientifiques en revanche se montrent plus sceptiques. Y a qu'à voir: les machines n'arrivent même pas à comprendre l'ironie sur Twitter.

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte