Boire & mangerLife

Ziferblat, l'AntiCafé: ces nouveaux lieux où tout est gratuit, sauf le temps

Cécile Chalancon, mis à jour le 21.01.2014 à 14 h 45

The other day elleinad via FlickrCC License by

The other day elleinad via FlickrCC License by

Le concept nous vient apparemment de Russie. Des cafés où tout est gratuit, les consommations comme la restauration et où l'on paye le temps passé dans le lieu. The Guardian consacrait en début d'année un article au premier Ziferblat ouvert à Londres.

«Ziferblat signifie cadran en russe et en allemand (Zifferblatt). L'idée, c'est que les clients prennent un réveil sur l'armoire en arrivant et notent l'heure, puis le gardent avec eux, avant de littéralement pointer à la fin. Il n'y a pas de temps minimum. Les clients peuvent aussi se servir en snacks gratuits (biscuits, fruits, légumes), ou préparer leur propre nourriture dans la cuisine; ils peuvent se faire du café à la machine professionnelle, ou se le faire faire.»

A Ziferblat, vous faites aussi la vaisselle.

Ziferblat est le «bébé» d'Ivan Mitin, 29 ans, «qui a déjà ouvert 10 lieux dans sa Russie natale et un en Ukraine», indique The Independent. Le patron explique: 

«A Ziferblat, vous ne payez pas pour du service. Personne ne vous sert, vous vous occupez de vous. En payant pour le temps... vous participez à l'existence de ce lieu, c'est comme si nous louions cet espace ensemble.»

L'unique crainte de celui qui dit vouloir créer une ambiance «plus communautaire»? Que d'autres détournent l'idée en se mettant à faire payer le temps dans d'autres lieux comme les bibliothèques «comme dans un film dystopique».

Et, cela nous avait échappé, mais le concept existe également à Paris. De ce côté-ci de la Manche, le lieu s'appelle L'AntiCafé. Et a été créé non pas par un Russe de 29 ans, mais par un jeune homme d'origine ukrainienne de 24 ans nommé Leonid, selon MetroNews.

Source: site de L'AntiCafé

Et combien coûte le temps? En Russie, selon le reportage traduit par Courrier International, c'est l'équivalent de 3 euros la première heure, moitié moins ensuite. A Londres, c'est 3 pence les 60 secondes, soit 1,80 livre l'heure, c'est-à-dire 2,20 euros. A Paris, c'est plus cher: 4 euros la première heure, 3 euros les suivantes. Soit finalement à peu près le prix que l'on paierait si l'on consommait un café dans un bar «payant» qui tolèrerait que nous passions une heure attablés...

Le site Grist souligne:

«TimeOut London le décrit comme un café, mais cela ressemble plus à un espace de co-working où vous payez à la minute plutôt que qu'au mois. (...) Mais c'est à vous de voir vous avez réellement besoin d'un latte fantaisie? Vous voulez un sandwich? Si vous n'avez pas faim ou que vous n'êtes pas en manque de caféine et que vous voulez juste un  espace pour travailler ou vous détendre, eh, il y a tout ce qu'il vous faut ici. C'est un peu comme un parc privé, mais à l'intérieur et avec des canapés et du café gratuit.»

Cécile Chalancon
Cécile Chalancon (99 articles)
Editrice à Slate.fr
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte