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Pourquoi les roux sont-ils jugés moins séduisants (enfin, certains)

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 14.01.2014 à 12 h 47

Actress Jessica Chastain at the Cannes Film Festival 2012 / Georges Biard via Wikimedia Commons

Actress Jessica Chastain at the Cannes Film Festival 2012 / Georges Biard via Wikimedia Commons

Les roux sont parfois mal-aimés, au point que la discrimination dont ils peuvent se sentir victimes a son propre néologisme anglo-saxon, le «gingerism» –qu’on pourrait traduire par «roussisme», ou racisme anti-roux. Sur le Telegraph, le journaliste Ed West évoque même une «gingerophobia» –ou «roussophobie»– même s'il en relativise la portée. 

Mais sans aller jusqu’à ces extrêmes, les roux sont souvent jugés moins séduisants que les autres. Or, la génétique peut expliquer pourquoi certains stéréotypes sur les roux ont la vie dure, et le site The Kernel y consacre un article détaillé.

Nicolas Guéguen, psychologue à l'université de Bretagne-Sud, internationalement réputé pour ses études marrantes (les musiciens récupèrent-ils plus de numéros que les sportifs, la taille des seins des autostopeuses influence-t-elle la probabilité que les voitures s’arrêtent –la réponse est oui dans les deux cas) s’était penché sur la question en 2012 dans la revue Psychological studies.

Lors d’une étude test dans une boîte de nuit, il a vérifié que les femmes blondes étaient plus approchées que les rousses, et que les hommes roux étaient les plus souvent rejetés –or il s'agissait des mêmes personnes, qui ne faisaient que changer la couleur de leur perruque.

Les roux partent donc avec un handicap alors même qu’ils peuvent avoir les mêmes atouts physiques que le reste de la population: symétrie faciale, proportions harmonieuses. Mais la différence de couleur de cheveux reste superficielle –on peut la masquer.

L’autre désavantage des roux tiendrait à leurs taches de rousseur. Si ces dernières sont jugées peu attractives par certains, c’est parce qu’elles seraient un «signal d’alarme biologique», puisque ce type de peau est moins protégé et plus favorable au développement de cancers.

Les taches de rousseur et les cheveux roux sont par ailleurs des signes d’une origine génétique peu mixte, alors que les origines mélangées, qui signalent un patrimoine génétique plus résistant, sont jugées plus attractives. Bien sûr, précise The Kernel, «cela ne signifie pas que tous les roux soient fondamentalement malchanceux génétiquement et considérés comme non attractifs».

Reste que des attitudes différentes envers les roux selon les pays limitent la portée des explications génétiques aux stéréotypes les concernant. Comme le note The Kernel et le rappelle Ed West dans le Telegraph, les préjugés anti-roux restent très forts en Grande-Bretagne.Alors qu'aux Etats-Unis (et en France), les actrices (naturellement ou non) rousses sont jugées sexy.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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