E-commerce: les «dark stores» envahissent les territoires

C’est une conséquence de l’essor du commerce en ligne qui a tendance à être invisible: il s'agit du «dark store», ou «le supermarché qu’on ne voit jamais», écrit le Guardian.

C'est simplement un entrepôt dans lequel les employés, «les pickers», arpentent les allées à la place de l’ancien client de supermarché pour lui préparer sa commande. Mais avec la progression de l’e-commerce, ces entrepôts se spécialisent.

Ceux de Tesco, le premier acteur du marché britannique, sont automatisés, comme on le voit sur la vidéo en tête d'article qui présente le sixième «dotcom centre» du distributeur. Les produits sont placés dans des caisses entreposées dans des tours, et un robot les amène jusqu’aux pickers.

Le numéro trois du secteur, Sainsbury, a annoncé en octobre 2013 qu’il prévoyait d’ouvrir son premier «dark store» d’ici trois ans. «Les plus gros supermarchés –dont Tesco, Asda et Waitrose– vont s’engager cette année à doubler l’espace dévolu aux centres de distribution Internet, connus sous le nom de dark stores, selon l’agence immobilière Jones Lang LaSalle», poursuit le Guardian dans un autre article sur l’essor de l’e-commerce. Pour Tesco, le commerce en ligne a augmenté de 13% en 2013 selon Reuteurs.

En France, le modèle du drive semble pour l’instant le plus prisé par les enseignes. Selon France 3, la France avait déjà 2.159 drives au 1er septembre 2013. Certains sont accolés à un hypermarché, mais des entrepôts conçus spécifiquement pour le e-commerce, ou «drives solos», sont aussi apparus. Selon un spécialiste interrogé par La Croix, les drives seraient autour de 2.500, «soit déjà plus que les hypers»... Les ouvertures ont été nombreuses jusqu'au milieu de l'année 2013, anticipant la loi Duflot sur le logement qui règlemente les implantations.

Cela signifie-t-il la fin du commerce physique? Les deux modèles sont plutôt complémentaires, selon les spécialistes. Des «pure players», nés du modèle unique de la distribution sur Internet, pourraient d’ailleurs ouvrir leurs propres points de vente «physiques» à l’avenir. Le géant Amazon est jusqu’à présent resté prudent sur une telle éventualité.