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Résolution pour 2014: arrêter d'utiliser le mot «hipster»

Temps de lecture : 2 min

Et c'est un rédacteur de «Vice» qui nous le demande.

God, I Hate Hipsters - SXSW 2009 - Todd Dwyer via Flickr CC License by-sa
God, I Hate Hipsters - SXSW 2009 - Todd Dwyer via Flickr CC License by-sa

«Voyez-vous ça, un rédacteur de Vice qui déteste le mot "hipster", quelle ironie». C’est ainsi que Dan Ozzi de Noisey (le magazine musical du groupe Vice) pense que ses lecteurs partageront sur les réseaux sociaux son article du 2 janvier. Et pourtant, c’est sans ironie aucune qu’Ozzi réclame l’abandon du mot «hipster» en guise de bonne résolution pour 2014. Son usage est «naze, pas intelligent, et il doit mourir. Immédiatement.»

Pour commencer, un hipster, «en tant qu’insulte, ça ne veut plus rien dire». Déjà en 2010 sur Slate.fr, Olivier Tesquet concluait que le hipster échappait «à la moindre tentative de définition». Trois ans plus tard, Noisey n’en trouve pas davantage:

«Par exemple, ces nigauds qui s’habillent comme si on était en 1932, qui mettent des bretelles et achètent de la cire pour leur moustache en guidon, ces gens-là sont définis comme des hipsters. Les jeunes progressistes qui écoutent NPR [le France Inter des Etats-Unis, NDLR] et rédigent des scénarios de films au Starbucks, eux aussi sont des hipsters. Ainsi que les gamins blancs qui écoutent du hip-hop. Les mecs barbus en chemise en flanelle, les filles en combi short à fleurs, les gens qui achètent leurs vêtements à Urban Outfitters [une chaîne de magasins récemment implantée à Paris, ND], les gens avec des lunettes à montures noires, les couples rockabilly, ceux qui conduisent en Prius; cyclistes, lecteurs de Pitchfork, habitués des friperies, collectionneurs de vinyles, fans de folk-rock, étudiants en art, gosses de riches, végétariens, ex-punks, n’importe qui âgé entre 22 et 35 ans, et chacune des 2,6 millions de personnes vivant à Brooklyn. Tous des hipsters, semble-t-il. Si tout le monde est un hipster, alors plus personne n’est un hipster.»

Mais ce que Dan Ozzi tient à rappeler dans son article, c’est qu’il n’est «pas –du tout– en train de défendre les hipsters», comme l’ont fait certains journalistes qu’avait évoqué Slate.fr l’an dernier: au contraire, il veut continuer à tourner en dérision les gens «aux goûts musicaux ou vestimentaires douteux». Mais voilà, les clichés sur les hipsters sont «surexploités», et Ozzi veut s’en évader pour cibler ses sarcasmes «avec la précision d’un couteau de chirurgien»:

«Je veux que mes moqueries comptent, nom de Dieu. Je veux qu’elles aient du sens. (...) Je veux regarder dans les yeux de quelqu’un et lui dire que sa barbe le fait ressembler à un Muppet qui serait devenu star du porno. Je veux rencontrer une femme rasée d’un côté de la tête et lui demander si elle s’est battue avec son coiffeur.»

Dan Ozzi va avoir du mal à faire tenir sa bonne résolution à ses lecteurs: la plupart l’ont accusé en commentaires d’être lui-même un hipster, et comme le fait remarquer l’un d’entre eux, «chaque hipster nie être un hipster», une règle d’or que rappelait (tout en la violant allègrement) Luke O’Neil à Slate dans une tribune intitulée «Je suis un hipster et j’en suis fier». Pour nos propres lecteurs, nous nous contenterons d’ajouter cet argument massue de Topito, qui propose également d’arrêter de dire «hipster» en 2014:

«On sent que d'ici les Municipales, le FN arrêtera d'abuser du terme "bobo" pour utiliser "hipster". Soyez sûr d'être passé à autre chose d'ici là. "C'est sûr, les hipsters des beaux quartiers parisiens sont loin de la réalité de Hénin-Beaumont!"»

Laurent Pointecouteau

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