Double XLife

Le sexting se pratique aussi sans en avoir envie

Laurent Pointecouteau, mis à jour le 31.12.2013 à 14 h 31

Pro Juventute Aufklärungskampagne ‚Sexting’ Themenbild_02 Pro Juventute via Flickr CC License by

Pro Juventute Aufklärungskampagne ‚Sexting’ Themenbild_02 Pro Juventute via Flickr CC License by

Les jeunes adultes qui s’adonnent au sexting –pardon, à la textopornographie– le font souvent sans en avoir réellement envie, moins par plaisir que par nécessité. Ce qui n’est pas si différent des véritables relations sexuelles, selon une étude de l’Indiana University-Purdue University Fort Wayne, aux Etats-Unis, à paraître en février 2014 dans la revue Computers in Human Behavior, que relaie le Huffington Post le 30 décembre 2013 (nous avions déjà rapporté en septembre 2013 une étude de la même université qui cherchait à savoir pour quelles raisons les étudiants envoient des sextos).

Il est question ici de ce que les deux psychologues qui ont mené l'étude, Michelle Drouin et Elizabeth Tobin, appellent «sexting consenti mais non désiré» et que le Huffington Post résume en «s’envoyer des sextos quand on n’est pas d’humeur». Non seulement, nous dit l’étude, «le sexting consenti mais non désiré est très répandu parmi les jeunes adultes», mais en plus, ce comportement en ligne serait en fait très proche du «sexe consenti mais non désiré»:

«Des études antérieures sur la vie sexuelle des couples ont démontré que les partenaires vont délibérément se livrer à l’acte sexuel, même quand il n’en ressentent pas l’envie, pour des raisons qui vont de satisfaire son partenaire à éviter une dispute. Sur nos smartphones et via e-mails, le sexe électronique se produit pour plusieurs de ces mêmes raisons.»

Et pour en arriver à ce constat, les chercheurs ont interrogé les habitudes «sextuelles» de 159 étudiants qui sont (ou ont été) dans une relation durable. Près de la moitié d’entre eux, garçons comme filles, a admis avoir échangé des sextos sans en avoir envie, des chiffres «étonnamment similaires aux précédentes recherches» s’agissant du sexe consenti mais non désiré, telle cette étude de 1994 citée par le Huffington Post, où 55% des étudiantes et 35% des étudiants américains participants déclaraient avoir pratiqué de telles relations sexuelles.

Contrairement au sexe non désiré, subi majoritairement par les femmes, les chercheuses remarquent ici que le sexting non désiré concerne à peu près équitablement hommes et femmes.

Pourquoi accepter d'envoyer des sextos alors qu'on n'en a pas envie? Pour les étudiants interrogés, il s’agit principalement de «séduire, d’engager des préliminaires, de combler un désir du partenaire, ou de nourrir l’intimité au sein du couple», voire d’entretenir celle-ci pour les plus anxieux, «ceux qui redoutent d’être abandonnés ou aliénés par leurs conjoints».

Cette étude va dans le sens d'une autre, menée par l’université d’Anvers (Belgique) sur près de 500 adolescents publiée en octobre 2013 qui déterminait que ces derniers s’envoyaient des sextos sous la pression sociale de leurs amants ou leurs amis. Comme l’explique Express.be dans un article du 23 décembre:

«Les chercheurs sont arrivés à la constatation que les amis et les partenaires amoureux ont un plus grand impact sur la pratique du sexting que l'opinion personnelle d'un individu sur ce sujet. Les scientifiques remarquent que les adolescents, en pratiquant le sexting, veulent donner une image positive d'eux-mêmes à leur partenaire ou à leur cercle d'amis proches.»

Laurent Pointecouteau
Laurent Pointecouteau (77 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte