Jouer avec la nourriture, c’est apprendre

Playing with toys and food/ Leonid Mamchenkov via Flickr CCLicence By

Playing with toys and food/ Leonid Mamchenkov via Flickr CCLicence By

Envoyer valser sa purée dans toute la pièce pour rigoler, c’est apprendre. Voilà le résultat d’une étude publiée dans la revue Developmental Science.

Les chercheurs ont appris à des enfants de 16 mois les mots pour désigner des aliments comme du sirop, du yaourt ou de la jelly. Un peu plus tard, ils ont testé les jeunes cobayes pour voir s’ils connectaient ces noms avec les aliments correspondants, de couleurs et textures un peu différentes.

Le résultat, c’est que les enfants ont mieux retenu les noms s’ils avaient auparavant «vigoureusement interagi avec les échantillons originaux, en d’autres termes, joué avec la nourriture», souligne le New York Times.

Loin de conclure que les enfants qui mangent n’importe comment et en en mettant partout iront loin dans la vie, «l’expérience soulève des questions intéressantes sur comment les enfants apprennent, sur le rôle du jeu et de l’exploration».

Il serait pour eux plus facile d’appréhender un objet solide avec des caractéristiques précises (une tasse, une chaise…), plutôt que des objets non solides, puisque «il ne suffit pas de les regarder pour les identifier, il faut utiliser vos sens et explorer un peu plus».

Et du coup, les scientifiques ont estimé que le meilleur contexte pour explorer les substances non solides était l’heure du repas. «Les enfants décrits comme les plus désordonnés à table par leurs parents ont montré les meilleures capacités d’apprentissage, une fois assis sur leur chaise haute pour manger», souligne Larissa Samuelson, prof de psychologie à l’Université de l’Iowa.

Donc, le mangeur sale fait travailler son cerveau, et créé des «catégories lexicales». Un enfant qui a fait plein de choses avec son dessert a compris ce qu’était ce dessert, parce qu’il a acquis tout un tas de données en l'explorant: «Ils goûtent littéralement le monde en mettant des choses dans leur bouche, en fabriquant des sons, en secouant tout», explique au New York Times Roberta Michnick Golinkoff, prof de sciences de l’éducation à l’Université du Delaware. 

Et poursuit:

«Les informations didactiques tombent à plat. Ils doivent comprendre d’eux-mêmes, et la seule façon de le faire est de mettre le bazar».

Le New York Times souligne cependant qu’il ne faut quand même pas négliger les manières de table, et qu’à un certain âge, il faudra de toutes façons abandonner le plaisir de foutre en l’air sa purée, «pour faire de nouveaux apprentissages qui se passent autour de la table familiale».

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