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A partir de quand peut-on rire d'un évènement dramatique?

Temps de lecture : 2 min

A New York, le 5 novembre 2012, après le passage de l'ouragan Sandy. REUTERS/Brendan McDermid.
A New York, le 5 novembre 2012, après le passage de l'ouragan Sandy. REUTERS/Brendan McDermid.

On peut rire de tout, mais pas n'importe quand. C'est en gros la conclusion d'une récente étude américaine, que relaient notamment The Atlantic et le Pacific Standard.

Des chercheurs de l'université du Colorado et de l'université Texas A&M ont réalisé un sondage en ligne juste avant, pendant et après l'arrivée sur les côtes américaines de l'ouragan Sandy, en octobre 2012. Pourquoi avoir choisi cet évènement? Parce que «si la plupart des tragédies ne sont pas anticipées, les ouragans permettent d'explorer pleinement le lien entre humour et tragédie parce qu'ils sont pistés et médiatisés avant de faire des dégâts».

Les sondés devaient évaluer le degré de drôlerie de tweets laissés par un compte parodique sur l'évènement. Conclusion: ces tweets étaient drôles avant l'arrivée de l'ouragan, de moins en moins drôles ensuite (jusqu'à un point bas neuf jours après le drame), puis de plus en plus drôles jusqu'à une apogée 36 jours après l'ouragan, avant un nouveau déclin. Conclusion:

«Il est difficile dans un premier temps de blaguer sur un évènement tragique, mais le temps qui passe augmente le potentiel de drôlerie au fur et à mesure qu'il devient moins menaçant.»

Ou, comme le résume autrement le Pacific Standard:

«Si vous avez peur qu'un ouragan en approche ne vous touche vous, vos intérêts ou quelqu'un qui vous est cher, il n'y a rien de drôle là-dedans. Si la menace est passée sans dommage, son potentiel à générer de l'humour décroît rapidement. Mais le moment où vous avez l'impression d'avoir évité le pire est propice aux blagues.»

En ce qui concerne les Etats-Unis, cette question du lien entre humour et drame s'était évidemment posée avec une acuité particulière au moment des attentats du 11-Septembre, qui avaient poussé certains commentateurs à parler de la «fin de l'ère de l'ironie». Dans un article publié cette année, le magazine U.S. News & World Report rappelait que des comiques comme Jon Stewart avaient recommencé à blaguer quelques jours après («Ils ont dit de retourner au travail et il n'y avait pas d'emplois disponibles pour un homme en train de pleurer en position foetale sous son bureau») mais que, par exemple, le comédien Gilbert Gottfried avait vu une de ses blagues, quelques semaines plus tard, être particulièrement mal accueillie:

«Je dois prendre un vol pour la Californie. Je n'ai pas pu avoir un vol direct —ils m'ont dit qu'ils devaient d'abord s'arrêter à l'Empire State Building.»

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