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La température la plus basse jamais enregistrée sur Terre: - 93,2°C

Michel Alberganti, mis à jour le 11.12.2013 à 16 h 28

Les mesures des satellites révèlent que ce record a été établi en 2010 sur un plateau à l'est de l'Antarctique. Le précédent minimum était de -89,2°C en 1983.

Près de la station Plateau, à l'est de l'Antarctique. Photo: Atsuhiro Muto / National Snow & Ice Data Center

Près de la station Plateau, à l'est de l'Antarctique. Photo: Atsuhiro Muto / National Snow & Ice Data Center

Ce que l’on ressent par -93,2°C est difficile à imaginer. Et il semble que pas grand monde soit en mesure d’en témoigner. Pas même Ted Scambos, le scientifique du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) américain qui a révélé ce nouveau record de froid enregistré sur Terre lors du congrès de l’American Geophysical Union à San Francisco, le 9 décembre 2013.

Les mesures ont été effectuées par plusieurs satellites dont le tout dernier Landsat 8 mis en orbite par la Nasa le 11 février 2013 et qui pèse pas moins de 2,6 tonnes. Les chercheurs ont analysé les données provenant de 32 années de mesure.

Résultat: la valeur la plus basse a atteint -93,2°C le 10 août 2010 dans l'est de l'Antarctique. Cette température bat largement le précédent record établi le 21 juillet 1983 dans la station russe Vostok, dans la même région de l’est de l’Antarctique (-89,2°C).

Dans les régions habitées, les records de froid sont assez nettement supérieurs à ces valeurs polaires. Ce sont les villes russes de Verkhoïansk au nord-est de la Sibérie (1.200 habitants) et d’Oïmiakon en Sibérie orientale (500 habitants) où la température est descendue à -67,8°C, qui détiennent le record établi respectivement en 1892 et en 1933.

Ted Scambos explique qu’il soupçonnait que certains endroits de l’est de l’Antarctique pouvaient descendre en dessous de la température enregistrée par la station Vostok. En effet, cette dernière se trouve au sommet d’une colline. Or, comme l’explique la vidéo ci-dessous, des poches très froides se forment dans les replis du relief, en raison de la densité supérieure de l’air à basse température. Ted Scambos précise qu’il faut que l’air piégé dans ces replis reste calme pendant plusieurs jours, tout en continuant à rayonner vers l’espace grâce à un ciel clair, pour qu’il finisse par atteindre des températures aussi basses.   

C’est en analysant les grandes dunes de glace du Plateau de l’est de Antarctique que les chercheurs ont remarqué des fissures à la surface de la glace entre les dunes. Ils ont alors émis l’hypothèse que la température hivernale pouvait descendre au point de provoquer une contraction de la couche de neige en surface. Il n’en fallait pas plus pour que la chasse aux records de basses températures soit lancée.

Le nouveau satellite Landsat 8 fournit un instrument précieux pour cette quête. Depuis son lancement, il y a 10 mois, il a enregistré pas moins de 550 relevés par jour. C’est ainsi que la valeur minimale pour 2013 a été établie le 31 juillet avec -93°C, soit seulement 0,2°C au-dessus du record absolu de 2010.

Pour James Irons, scientifique responsable du projet, Landsat 8 fournit des cartes nettement plus précises et plus détaillées que ses prédécesseurs. Aucune poche de froid ne devrait donc lui échapper. Mais il surveille aussi les zones les plus chaudes de la Terre. De ce côté aussi, de nouveaux records sont donc probables. Autant de données précieuses pour suivre en direct les effets du réchauffement climatique.

Michel Alberganti

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