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Vos photos souvenir vous font-elles perdre la mémoire?

Elliot Hannon, mis à jour le 10.12.2013 à 11 h 02

Beautiful Asian Women Photographing / epSos via Flickr CC license by

Beautiful Asian Women Photographing / epSos via Flickr CC license by

Nous l'avons tous fait; nous avons tous pris des tonnes de photos de cette journée à la plage ou à un mariage. Et pourquoi pas? C'est plus facile que jamais avec cet appareil photo qui ne quitte jamais votre poche. Inutile de dire qu'il n'est pas uniquement plus facile de prendre des photos au bon moment, il est également plus facile que jamais de partager nos vies instagrammées.

On savait déjà qu'Instagram est mauvais pour notre santé mentale. Comme nous l'expliquait Jessica Winter en août, en regardant les photos postées par les autres, cela nous déprime. Elle citait Hanna Krasnova de l’université Humboldt à Berlin, co-auteure d'une étude sur Facebook et la jalousie:

«Quand on voit de belles photos d’un ami sur Instagram, une manière de compenser est de publier des photos de nous encore meilleures, comme ça notre ami les voit et poste des photos encore plus belles, etc. L’autopromotion déclenche encore plus d’autopromotion, et le monde des réseaux sociaux s’éloigne de plus en plus de la réalité.»

Il se pourrait bien maintenant que toute cette fabrication de souvenirs soit également en train de tout nous faire oublier. Une nouvelle étude parue dans le journal Psychological Science explique que c'est tout à fait possible.

L'étude, qui étudiait l'impact de la prise de photos sur la mémoire, a utilisé des étudiants comme cobayes. Les étudiants étaient guidés dans un musée avec ordre de photographier certains objets et d'en observer simplement d'autres. Le jour suivant, les souvenirs de ce qu'ils avaient vu et photographié ont été évalués. Le résultat est ce que l'auteure de l'étude, Linda Heinkel de l'université de Fairfield, décrit comme «l'effet de détérioration de la prise de photo».

«Si les participants les photographiaient, ils se rappelaient de moins d'objets, de moins de détails et moins de leur localisation que s'ils avaient à la place seulement observé ces objets et ne les avaient pas photographiés.»

Heinkel a découvert qu'il y a des exceptions à ce phénomène de «clic-clac j'oublie»: quand vous zoomez au lieu d'utiliser votre grand-angle standard.

«Quand les participants ont zoomé pour photographier un détail spécifique de l'objet, leur reconnaissance subséquente et leur mémoire des détails n'ont pas été diminuées et, en fait, leurs souvenirs des caractéristiques de ce sur quoi ils n'avaient pas zoomé étaient aussi vivaces que ceux sur quoi ils avaient zoomé.»

Elliot Hannon

Traduit et adapté par Alice Bru

Elliot Hannon
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