Égalités / Life

Partage des tâches ménagères: la solution est-elle d'en faire moins?

Temps de lecture : 2 min

Une maison propre est le signe d'une vie gâchée / Rambling of Juraj
Une maison propre est le signe d'une vie gâchée / Rambling of Juraj

Les sociologues sont unanimes, les hommes d'aujourd'hui ne passent pas plus de temps que leurs pères à assurer les tâches ménagères. Par contre, les femmes y consacrent de moins en moins de temps mais travaillent de plus en plus: aux Etats-Unis, elles représentent aujourd'hui 40% des soutiens de famille avec enfants de moins de 18 ans, soit quatre fois plus qu'en 1960, précise le New York Times. Les femmes qui gagnent le plus d'argent ou qui exercent une profession traditionnellement masculine consacreraient même plus de temps au travail domestique.

La répartition des corvées de la maison a toujours été un des thèmes historiques du féminisme, et notamment le concept de la double-journée: en rentrant du travail, madame doit désormais faire tourner la maison et prendre soin des enfants. Pour Simone de Beauvoir, les tâches ménagères étaient justement ce qui retenait les femmes à l'intérieur, soumises à leurs maris et privées d'ambition. Mais maintenant que de plus en plus de femmes ont gagné le pouvoir économique, il n'en reste pas moins que beaucoup revendiquent que s'occuper de sa maison, fabriquer ses bougies, son savon, élever ses poules est tendance.

Ces super women posent la question de la définition des tâches ménagères et de leur calcul. Qu'est-ce qui est une corvée, et qu'est-ce qui est un passe-temps? Est-ce le temps passé, l'utilité de ce qui a été fait ou sa pénibilité qui doit compter? Sur le NewYork Mag, Jonathan Chait interroge les convenances personnelles: il n'est pas gêné par l'accumulation de magazines sur la table, sa femme l'est et range les magazines qui traînent (ce qui ne le gêne pas non plus). Est-ce que le rangement des magazines est une tache ménagère ou bien une lubie?

Le problème est insoluble, tant les deux parties sont persuadées de faire le nécessaire. Jessica Grose raconte dans The New Republic cette différence de perception: son mari lui soutenait que son père, qui devait arriver sous peu, ne serait pas choqué de trouver des magazines un peu partout dans la maison et des emballages de Jerky Beef sur la table du salon. Elle a remporté la bataille, mais une fois de plus, cette théorie du partage des corvées se cogne à la réalité des standards personnels (pourquoi ceux des hommes sont-ils plus bas, c'est une autre question).

Finalement, la solution est bien simple: il suffit d'en faire moins. Qui repasse encore les draps? Qui passe l'aspirateur sur ses rideaux? A clean house is the sign of a wasted life, comme dit l'adage. Arrêtez de faire les lits, de ranger les magazines et ne repeignez pas le plafond. Le désordre est l'espoir du féminisme.

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