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Les hommes mangent de plus en plus de viande

Alice Bru, mis à jour le 04.12.2013 à 17 h 56

Côte de boeuf - Maison de l'Aubrac

Côte de boeuf - Maison de l'Aubrac

Les humains consomment de plus en plus de viande. On s'en doutait un peu, mais une étude parue le 2 décembre dans Proceeding of the National Academy of Sciences confirme l'augmentation globale de la consommation de produits d'origine animale.

Le site Nature.com explique que cette augmentation est le fait de la Chine et de l'Inde. La croissance économique rapide de ces deux pays (environ un tiers de la population mondiale à elles deux) a permis à des centaines de millions de personnes d'améliorer leur régime alimentaire et d'agrémenter leur riz quotidien de produits carnés. Cette augmentation compense complètement la baisse induite par la diversification de l'alimentation des Islandais, Mauritaniens et Mongols, qui consommaient traditionnellement de grandes quantités de poissons, viandes et produits laitiers.

L'étude a été menée par le Français Sylvain Bonhommeau de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer. Pour la première fois, le niveau trophique de l'humain a été calculé. Le niveau trophique correspond à la place occupée par un organisme vivant dans un ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles (réseau trophique) au sein d'un écosystème. Ce niveau est calculé en combinant les niveaux trophiques des différents composants du régime de l'organisme étudié et la proportion dans laquelle ceux-ci composent le régime.

Entre le cochon et l'anchois

Pour faire simple, c'est la distance qui sépare un organisme du niveau basique, celui des êtres vivants autotrophes (algues et végétaux). Et surprise, avec un niveau trophique à 2,21, l'homme est plus proche du cochon ou de l'anchois que du lion et de l'orque, comme il aime pourtant à le penser.

C'est cette évolution du niveau trophique qui a amené les conclusiones de l'enquête. Les niveaux de 176 pays ont été calculés pour chaque année entre 1961 et 2009 à partir de la consommation de 102 types d'aliments (chiffres fournis par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). Les chercheurs ont remarqué qu'en cinquante ans, la consommation de viande et de matières grasse avait augmenté de 3%, soit une élévation du niveau trophique de 0,06 point. Cette hausse n'est pas anodine, selon Thomas Kastner, environnementaliste à l'université Alpen-Adria de Vienne:

«La différence a l'air minime, mais si vous vous penchez sur la façon dont le niveau trophique est calculé, elles est énorme. Une variation de 0,1 signifie que vous consommez considérablement plus de viande ou de produits animaux.»

Le calcul du niveau trophique humain met en évidence sa place dans l'écosystème et permet aux scientifiques de comprendre l'impact de sa consommation d'énergie sur les ressources disponibles. Le coût de production d'une calorie est bien plus élevé pour une calorie issue de la viande que pour celle issue d'un légume. Une étude de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture montrait en 2006 que l'industrie du bétail produisait 18% des gaz à effet de serre, soit plus que ce que tous les moyens de transport de la planète réunis.

«Si nous augmentons notre niveau trophique, nous augmenterons par là-même notre impact sur l'environnement», prévient Sylvain Bonhommeau.

Alice Bru
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