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Les espèces d’hominidés étaient aussi diverses que dans le «Seigneur des anneaux»

Slate.fr, mis à jour le 23.11.2013 à 9 h 03

Contrairement aux idées reçues, l'homme moderne n'est pas le descendant d'une seule lignée, mais le produit d'un mélange de nombreuses espèces différentes d'hominidés.

Un homme et une femme de Néandertal, musée de Néandertal de Düsseldorf, via Wikimedia Commons

Un homme et une femme de Néandertal, musée de Néandertal de Düsseldorf, via Wikimedia Commons

«Les études récentes montrent que nous sommes face à un monde du type de celui du «Seigneur des Anneaux» et qu’il y avait de nombreuses populations différentes d’hominidés qui se sont mélangées». Cette phrase citée par la revue Nature a été prononcée par Mark Thomas, un généticien spécialiste de l’évolution de l’University College de Londres le 18 novembre lors d’une conférence révolutionnaire sur l’ADN ancien de la Royal Society à Londres.

Elle illustre les fantastiques découvertes récentes que permet la génétique sur l’évolution de l’espèce humaine depuis une centaine de milliers d’années. L’analyse du génome de l’homme moderne a permis de montrer qu’il y a eu des accouplements et des mélanges entre notre espèce, les hommes de Néandertal, les Denisovans et au moins une autre population d’hominidés totalement inconnue.

Les Denisovans, selon David Reich professeur à Harvard, étaient une population exotique et archaïque de très petite taille, presque les hobbits du Seigneur des Anneaux, qui représentent 5% à 10% des ancêtres des Papous et sont eux-même une synthèse entre des hommes de Néandertal  et un groupe mystérieux.

Pour illustrer la progression des connaissances scientifiques, revenons à la thèse considérée comme la plus solide depuis une décennie. L’homme moderne est issu d’une petite population d’hominidés se trouvant en Afrique il y a une centaine de milliers d’années. Et après une série de migrations hors d’Afrique et d’évolutions relativement mineures, le génome de l’homme moderne n’a plus changé depuis la dernière phase de glaciation il y a 20 à 25 000 ans.

En fait, nous savons aujourd’hui que ce schéma est au mieux incomplet et sans doute faux. Car ce que les scientifiques peuvent affirmer aujourd’hui c’est que l’homme moderne plutôt que d’être le point final de l’évolution d’une population spécifique est une recombinaison d’anciennes lignées.

Cela est prouvé par l’existence dans les gènes de l’homme moderne de nombreuses traces d’ancêtres archaïques. Cela est aussi prouvé par un mélange génétique entre différentes lignées de population majeures considérées comme des archétypes comme les Amérindiens, les Asiatiques, les Européens, les Ethiopiens, la population australienne. Tout cela démontre que d’anciennes lignées humaines éteintes sont les éléments constitutifs des modernes.

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