Science & santéLife

Notre cerveau est-il programmé pour détester les légumes verts?

Lucie de la Héronnière, mis à jour le 21.11.2013 à 9 h 51

Petits pois/ Frédérique Voisin-Demery via Flickr CCLicence By

Petits pois/ Frédérique Voisin-Demery via Flickr CCLicence By

Votre enfant déteste les légumes verts? C'est peut-être parce que son cerveau est programmé pour cela. Les plus jeunes mettraient en place une stratégie pour éviter les plantes potentiellement empoisonnées, par une sorte d'ancestral instinct de survie… Ce qui expliquerait leur dégoût assez fréquent à manger des haricots, courgettes et autres épinards. Annie Wertz et Karen Wynn, psychologues à l’université de Yale, viennent de publier une étude à ce sujet dans la revue Cognition.

Au Centre d’études cognitives infantiles de Yale, les deux scientifiques ont testé les réactions de 47 enfants âgés de 8 mois à 18 mois, rapporte le Daily Mail. Ces petits cobayes ont eu le choix entre plusieurs types d’objets dont ils pouvaient se saisir pour jouer: des vraies plantes comme du thym, des plantes artificielles réalistes, des objets en plastique ou en métal...

Ils ont montré une «réticence frappante» à toucher les plantes. Les deux psychologues pensent donc que ce comportement est programmé chez les enfants, à leur naissance:

«Cette stratégie comportementale permettrait aux nourrissons de se protéger contre les dangers des plantes, en diminuant la probabilité d’ingérer des toxines végétales (…) ou d’encourir des blessures causées par les défenses naturelles des plantes (poils fins, épines, huiles nocives…)»

Elles précisent:

«Nous ne suggérons pas que les enfants sont effrayés par les plantes. Nous pensons que lorsqu’ils identifient une plante, ils déploient une stratégie comportementale pour limiter l’exploration par le toucher.»

Alors, «ces résultats peuvent expliquer les frustrations de nombreux parents confrontés au rejet des fruits et des légumes par leurs jeunes enfants».

Mais, heureusement, cette réticence peut être modifiée, soulignent les psychologues:

«Cet évitement initial est une stratégie par défaut, qui peut être contournée par l’information sociale expliquant que la plante n’est pas dangereuse à manger ou à toucher

En gros, il faut faire goûter et montrer l’exemple...

Lucie de la Héronnière
Lucie de la Héronnière (148 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte