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A quoi sert la science-fiction? A nous expliquer de quoi l'avenir ne sera –peut-être– pas fait

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 19.11.2013 à 12 h 40

Les Fils de l'homme de Alfonso Cuarón, via Allociné

Les Fils de l'homme de Alfonso Cuarón, via Allociné

Le futur n’est pas un événement indépendant de ce que nous en faisons. Il dépend au contraire de notre attitude présente.

Selon le professeur en littérature comparée de Stanford Amir Eshel, les romans post-apocalyptiques de science-fiction, très plébiscités par les lecteurs, nous orientent vers l’avenir et «encouragent le lecteur à penser aux possibilités politiques, sociales et éthiques» qui nous attendent, comme il l’explique sur le site de l’université. 

Paru en février 2013, son essai Futurity analyse pourquoi les auteurs allemands, israéliens et anglo-américains sont obsédés par les catastrophes du XXe siècle, qu'ils replongent dans ce passé ou qu'ils en tirent des récits d'anticipation comme 1984. Les Fils de l’homme, roman de P. D. James paru en 1992 dans lequel les humains sont devenus stériles et La Route, roman de Cormac McCarthy de 2006 qui décrit la lutte pour la survie d’un homme et de son fils dans un monde de désolation, sont emblématiques de cette tendance (les deux ouvrages ont fait l’objet d’adaptations à l’écran.)

Même dans le futur cauchemardesque dépeint dans La Route, il reste «un point de vue prospectif, un espace pour une action humaine qui ait du sens, et donc de l’espoir», poursuit le chercheur.

De même que l’histoire des catastrophes du passé met en évidence leur caractère évitable, la science-fiction et ses univers de dystopie montrent que l’avenir résulte des choix faits par les humains. Les leçons de cette littérature se joignent, selon Amir Eshel, à des événements récents comme le mouvement Occupy ou les printemps arabes, pour démontrer que «nous pouvons agir sur les circonstances politiques si nous décidons de nous engager».

Les histoires de zombies seraient-elles finalement plus convaincantes que les cris d'alarme à propos du réchauffement climatique des climato-catastrophistes?

Amir Eshel prépare désormais un cours consacré aux récits du 11-Septembre, autre événement traumatique de l’histoire récente. Le chercheur a mis en place à l’occasion une plateforme en ligne, Lacuna stories, pour mettre à disposition des étudiants et des lecteurs curieux des sources documentaires diverses (projets web, films, livres, etc.) sur l’événement.

Jean-Laurent Cassely
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