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Comment les sites de rencontres controversés profitent du bashing médiatique

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.11.2013 à 11 h 50

Chez Carrot Dating, énième application de rencontre de niche mise en ligne le 21 octobre, le principe est assez simple. «Gifts = Dates», peut-on lire sur sa page de garde («Cadeaux=rendez-vous»). Carrot Dating affirme également qu’au lieu de «perdre du temps à contacter d’innombrables célibataires dans l’espoir que l’un dise “oui”», il est plus simple et plus rapide de «soudoyer son rendez-vous».

Mais le meilleur reste à venir: «des fleurs à la bijouterie, il y a un pot-de-vin pour chaque budget. Vous pouvez avoir qui vous voulez!». D’autres cadeaux sont prévus par le site, allant du plein d’essence à la chirurgie esthétique!

«Quasiment de la prostitution», affirme le site Mashable qui revient sur l’émoi suscité par le site sur les réseaux depuis son lancement et rappelle que le fondateur Brandon Wade, un ancien du MIT, n’en est pas à son premier coup. Wade, qui pose fièrement avec des carrottes sur le site Carrot Dating et se définit comme un «nerd» qui n’avait jamais connu l’amour, a déjà fondé un site au nom évocateur, «Seeking Arrangement», le «leader des sites de rencontre pour “sugar daddy”»

Depuis une dizaine de jours, les sites américains se font largement l’écho de l’ouverture de l’appli, relatant notamment le surréaliste email envoyé par Carrot Dating aux rédactions pour en expliquer le principe, écrit Business Insider qui évoque une application «sexiste et pathétique»:

«Il s’agit d’un concept tellement simple que même les animaux le comprennent: donnez à un chien un os, et il obéira. Donnez à une femme un cadeau, et elle…»

Sur CNN, la psychologue Peggy Drexler écrit qu'il s'agit de «l'appli de rencontres la plus vulgaire de l'histoire».

Le site Mashable pose pour sa part une question dérangeante: un tel «bad buzz», manifestement attendu, est-il vraiment problématique pour ce type de service en ligne? Gavin Smith, fondateur de «Can Do Better» («Peut mieux faire»), un site sur lequel les membres d’un couple sont notés par les internautes, afin qu’ils sachent s’ils pourraient «trouver mieux» que leur conjoint actuel, a lui aussi provoqué une vague d’indignation en son temps. «La presse négative nous a aidé à croître», explique le fondateur.

«Ashley Madison», site de rencontres pour adultères lancé en 2001, a lui aussi en son temps profité d’un tel emballement. Le site annonçait clairement la couleur avec son slogan: «La vie est courte, ayez une aventure». Interrogé par Mashable, le PDG Noel Biderman explique que «90% des discussions [qu’il a] tournent autour de la controverse». Mais il s’en réjouit, attribuant cet état de fait au succès du site, qui ouvre une antenne dans un 32ème pays cette année.

En 2009 et 2011, le site se voyait refuser des publicités dans le cadre du Super Bowl. Une «mésaventure» qui est arrivée aussi, cette année, au site pornographique PornHub. Mésaventure? Plutôt de la «publicité gratuite», estimait Buzz Feed au début de l'année, l'annonce du rejet devenant elle-même un sujet d'articles...

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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