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Fini les embouteillages grâce à un algorithme du MIT

Maïlys Masimbert, mis à jour le 31.10.2013 à 18 h 40

Voitures dans un embouteillage. Epsos.de via FlickrCC License by

Voitures dans un embouteillage. Epsos.de via FlickrCC License by

Alors que le long week-end de la Toussaint approche, Bison futé a classé orange la journée de samedi pour le sens des départs et prévoit une circulation fluide pour dimanche. Cette fois-ci, les automobilistes ont de la chance, ils n’auront pas à attendre des heures dans leur voiture qu’un embouteillage, sans cause apparente, se désagrège de lui-même.

Mais bientôt, ces bouchons fantômes ne seront sans doute qu’un mauvais souvenir, grâce à un algorithme développé par Berthold Horn, chercheur au MIT. Le problème dans ces embouteillages, qui ne sont la conséquence ni de travaux ni d’accidents, selon le scientifique, ce sont les changements de rythme des véhicules.

Il explique dans un article du MIT:

«Imaginez que vous introduisiez une perturbation en freinant brusquement, juste un instant, elle se propagera en amont et son amplitude augmentera à mesure qu’elle s’éloigne de vous.»

L’idée de Horn est donc de réguler le flot de voitures en évitant les ralentissements intempestifs. Avec son système, décrit CNN:

«Plusieurs voitures détecteraient la vitesse et la distance des automobiles devant et derrière elles, puis réguleraient leur propre vitesse pour éviter un freinage brusque et maintenir un rythme plus constant.»

Loin d’être une invention du futur, le système du chercheur pourrait d’ores et déjà être utilisé par certaines voitures haut de gamme, possédant un régulateur de vitesse qui adapte la rapidité de l’automobile en fonction des véhicules qui la précède, pour conserver automatiquement une distance de sécurité.

Horn va plus loin en introduisant dans le système des capteurs qui permettront «de rassembler des informations sur la distance et la rapidité de la voiture de derrière» ajoute UPI. L’avantage?

«Un véhicule qui reste à peu près à égale distance des voitures qui le précèdent et qui le suivent, n’aura pas besoin de ralentir précipitamment si le conducteur devant lui freine; mais il sera aussi moins susceptible de transmettre les inévitables perturbations du trafic à la voiture de derrière.»

Parce qu’il prend en compte l’environnement du véhicule, devant et derrière lui, Horn a baptisé son invention «bilateral control» (contrôle bilatéral).

Les études sur la formation des embouteillages –elles sont nombreuses, et même à Slate on s’était mis en quatre pour vous expliquer comment ça marchait– ont permis d'identifier plusieurs variables susceptibles de créer des bouchons: la réaction des conducteurs, la vitesse qu’ils souhaitent atteindre, leur rapidité d’accélération, etc. Avec une simulation informatique, Horn a confronté son système à toutes ces variables, et, miracle, il fonctionne efficacement avec chacune d'entre elles.

Le projet a quand même quelques limites. Pour fonctionner, il doit être utilisé par un grand nombre de voitures, et les radars qui permettent d'utiliser son invention sont coûteux, ce qui explique notamment que les régulateurs de vitesse automatiques ne soient présents que dans certains véhicules.

N’empêche, grâce à lui et son idée de génie, la France pourrait récupérer les 5,55 milliards d’euros que lui coûtent ses bouchons chaque année. Mais en attendant que le système soit mis en place, on peut continuer de chanter avec Joe Dassin La complainte de l’heure de pointe.

 

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