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Les «Manfluencers», ces 70 millions d'hommes américains qui font les courses et la cuisine

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 25.10.2013 à 16 h 25

Infographie du «Manfluencer», via Midan Marketing

Infographie du «Manfluencer», via Midan Marketing

Attention, avalanche de néologismes de marketeux américains… «Grâce à la “mancession”, les métrosexuels sont devenus des “manfluencers”»: c’est le titre incompréhensible d’un article paru sur le site d’économie Quartz, que nous allons démystifier ensemble.

La «Mancession», mot valise formé de «Man» et de «Recession», désigne depuis 2009 une conséquence économique de la crise américaine. Les effectifs dans les secteurs de l’industrie et de la construction, majoritairement masculins, ont été les plus touchés par les destructions d’emploi.

A l’inverse, les secteurs de la santé et de l’éducation, plus féminins, se sont maintenus. Conséquence: le chômeur du couple est de plus en plus souvent un homme.

Julie Murphy, de l'agence Midan Marketing, est à l’origine de l'autre terme mystérieux de ce titre de Quartz (on passe sur «métrosexuel»): ayant eu vent de la progression du nombre d’hommes inactifs qui faisaient les courses et cuisinaient dans leur famille, elle a réalisé une étude sur le sujet. Et en a sorti ce concept déposé, le «Manfluencer»TM, pour «Man» et «Influencer».

L’influence doit ici se comprendre comme pouvoir de choix dans les grandes surfaces, rôle ô combien sacré de la société de consommation, auquel a été longtemps cantonnée la célébrissime ménagère de moins de 50 ans. Petite parenthèse: même chez TF1, on parle désormais de manière plus politiquement correcte de «Femme responsable des achats de moins de 50 ans».

Et comme dans la pub on a des abréviations pour tout, on écrit plutôt «RDA Femme -50 ans». Femme qui a en outre, pour certains marketeurs, mué en «ménagère numérique»…

Mais revenons-en aux hommes. Selon Julie Murphy donc, 47% des hommes aux Etats-Unis achètent la plus grande partie des courses du foyer et cuisinent plus souvent que leur épouse ou compagne à la maison. «Si le sondage de Midan sur 900 hommes est vraiment représentatif, les données suggèrent que 73 millions d'hommes américains sont des manfluencers», poursuit The Atlantic.

Et si les marketeurs se penchent sur leur profil, c’est évidemment parce qu’«une compréhension plus profonde du manfluencer» permettra de «mieux cibler cette espèce relativement récente d’acheteur masculin», écrit l’agence sur son site.

Source: Midan Marketing

C’est en particulier l’industrie de la viande qui est concernée, puisque le «manfluencer» est très porté bidoche. The Atlantic note que d'autres produits se sont adaptés à la tendance et tentent de «masculiniser» les packaging: «brogurt» au packaging noir, barres de céréales aux «protéines», etc. Et pourtant, quand il achète, le responsable des achats masculin ne semble pas se comporter d’une manière révolutionnaire: il se renseigne et compare les prix sur Internet, profite des soldes et découpe les petits coupons de réduction. Une ménagère normale, en somme.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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