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L'Italie et la passion des pâtes, c'est fini?

Lucie de la Héronnière, mis à jour le 28.10.2013 à 4 h 32

Martelli Pasta/ Benjamin Jopen via Flickr CCLicence By

Martelli Pasta/ Benjamin Jopen via Flickr CCLicence By

Les Italiens mangent de moins en moins de pâtes. La consommation est passée de 40 kg à 31 kg par famille et par an pendant la dernière décennie, signale le Wall Street Journal.

Le Guardian souligne que cela aurait été une bien bonne nouvelle pour Filippo Marinetti, auteur en 1931 d’un «Manifeste pour la cuisine du futur» suggérant l’arrêt de la consommation de pâtes pour éviter la lassitude et le pessimisme général. 

Mais non, les Italiens ne sont pas lassés. Peut-être que la passion s’est un peu tempérée? Pour le Guardian, la réduction de la consommation de pâtes est liée aux «changements dans les pratiques de travail» et à «l’arrivée progressive de nourritures étrangères, sushis en particulier».

La «peur de prendre du poids» pourrait être un autre facteur. Selon l’étude citée par le Wall Street Journal, en Italie, la proportion des femmes entre 26 et 30 ans pensant que les pâtes font grossir a augmenté de 26% entre 2008 et 2012. Une augmentation de 16% chez les hommes du même âge (précisons que non, les pâtes ne font pas grossir, «comme tout aliment, cela dépend de la quantité, de notre faim, de l'accompagnement», rappelle la diététicienne Ariane Grumbach).

Autre hypothèse avancée, la structure du repas en quatre temps (antipasto, primo piatto, secondo piatto, dolce), datant des années 1930, est de moins en moins appliquée... Enlever une étape, en l’occurrence les pâtes, serait une manière de revenir à des habitudes plus anciennes? En parallèle à la baisse de la consommation de pâtes, la consommation de poissons surgelés et de préparations de légumes a ainsi bondi dans la même décennie.

L’industrie de la pasta tente de répondre, par exemple en démontrant que les pâtes ne font pas grossir dans des spots télé, ou en s’associant avec McDo pour attirer de nouvelles cibles…

Mais, même si les Italiens mangent moins de pâtes qu’avant, le Guardian affirme qu'«il serait prématuré de diminuer leur importance dans la psychologie nationale. Sous toutes les formes, les pâtes sont toujours le plat national, avec une histoire remontant aux Etrusques. Les pâtes lient les Italiens à leur passé et à leur identité».

N'est-ce pas, Floriana?

Lucie de la Héronnière
Lucie de la Héronnière (148 articles)
Journaliste
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