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Qui est Banksy? Mieux vaut ne pas le savoir

Maïlys Masimbert, mis à jour le 17.10.2013 à 16 h 34

Will the real Banksy please stand up ? Duncan Hulll via FlickrCC License by

Will the real Banksy please stand up ? Duncan Hulll via FlickrCC License by

En l’espace d’une semaine, deux photos (ici et ) ont surgi dans les médias, censées lever –une nouvelle fois– le voile sur la mystérieuse identité de Banksy, le street artiste actuellement en résidence à New York. Alors que le sujet réapparait dans la presse à intervalles réguliers, il y aurait tout de même quelques raisons de ne pas vouloir savoir qui se cache derrière Banksy.

D’abord, «parce que c’est bien entendu beaucoup plus drôle de penser à un espèce de Warhol masqué», répond Salon dans un article de 2011. L’artiste est partout et nulle part à la fois, c’est ce qui plaît. Et ce ne sont pas les New-Yorkais qui découvrent de jour en jour de nouvelles œuvres de Banksy dans des lieux différents qui diront le contraire. Ce jeu de piste géant a quelque chose d’amusant.

Ensuite, parce qu’on pourrait bien être déçu de ce que l’on pourrait découvrir. Le Daily Mail avait publié en 2008 un article, résultat d’un an d’enquête sur l’identité de Banksy. Il en était arrivé à la conclusion que l’artiste s’appelait Robin Gunningham, 34 ans à l’époque. Il aurait fréquenté une école privée de Bristol, ce qui pourrait «choquer les fans de l’artiste, adeptes de son positionnement contestataire». Banksy serait un homme normal, et pas «un personnage de fiction», se moquait alors The Guardian:

«A quoi vous attendiez-vous? Que parce qu’il avait commencé par les graffitis et qu’il avait évolué dans le monde du street art, il habitait dans un HLM, portait un pull à capuche et avait un couteau?»

Il faut aussi reconnaître que le tapage autour de son anonymat n’a vraiment démarré qu’à partir du moment où l’artiste a commencé à être connu. Mais pas avant. Ce battage, qui tourne «plus autour de la célébrité et de l’argent, que de l’art», regrette The Guardian, fait parfois passer aux oubliettes les œuvres en elles-mêmes. Pour autant, en termes de visibilité et de popularité, le pari est réussi:

 «C’est une bonne stratégie marketing que l’artiste lui-même est en train d’appliquer en restant silencieux.»

Une stratégie qui agace jusque dans les rangs des artistes de rue, et notamment l’un de ses adversaires, King Robbo. Brouillés depuis leur rencontre, raconte le blog Sabotagetimes, les deux artistes se livrent une guerre des murs, graff contre pochoir. King Robbo ne cache pas son manque de sympathie envers Banksy:

«Ce n’est qu’un jouet dans les mains d’une équipe de relations publiques.»

Si cela devait s’avérer être le cas, il faudrait quand même noter que la stratégie est réussie. On a vu tellement de photos et entendu tellement d’hypothèses à propos de l’identité du Britannique, que même si on nous le présentait, on arriverait encore à ne pas y croire, remarque Salon.

La conclusion revient au Guardian:

«La question n’est pas de savoir qui est Banksy mais bien: quelle importance cela peut-il avoir?»

Maïlys Masimbert
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