Égalités / Life

Les femmes scientifiques, grandes absentes de Wikipédia

Temps de lecture : 2 min

Une femme surfe sur Wikipédia. REUTERS/Gary Cameron
Une femme surfe sur Wikipédia. REUTERS/Gary Cameron

Avant le 15 octobre, si vous aviez cherché la page Wikipédia de la scientifique Ingeborg Hochmair, lauréate en 2013 du prix Albert-Lasker pour la recherche médicale, ou celle d’Anny Cazenave, qui a reçu en 2012 la médaille William Bowie pour ses travaux en géophysique, vous auriez fait chou blanc.

De nombreuses femmes scientifiques n’ont toujours pas de page sur la fameuse encyclopédie en ligne, comme l’ont constaté Maia Weinstock, une ancienne diplômée de Brown, et Anne Fausto-Sterling, professeure de biologie. Pour y remédier, les deux femmes ont décidé d’organiser un «édition-thon» à l’université ce mardi 15 octobre, nous apprend le Washington Post:

«Elles ont rassemblé des douzaines d’étudiants et de professeurs cette semaine [...], pour les former à l’ajout et l’édition de pages Wikipédia. Elles leur ont aussi fourni des listes de suggestions de femmes à ajouter, de fiches à corriger ou de celles qui manquaient de détails, ainsi que des liens vers des sources.»

L’événement vise à corriger un déséquilibre dénoncé depuis longtemps: en 2011, le New York Times publiait un article très controversé sur les disparités entre hommes et femmes sur Wikipédia.

Selon l’article, 13% seulement des contributeurs du site étaient des femmes. Le chiffre a plus tard été révisé à 16% –autant dire pas grand-chose.

The Atlantic nous apprenait également en 2012 que le peu de femmes qui contribuent au site contributif font beaucoup moins de modifications que les hommes.

A cause de ces disparités, les sujets jugés «féminins» (la robe de mariée de Kate Middleton ou les bracelets brésiliens) sont moins détaillés que les sujets considérés comme «masculins» (les cartes de baseball ou certains comics de Marvel que personne ne connaît), et ont plus de chances d’être signalés pour suppression.

Vice rappelle malgré tout qu’il ne sert à rien de s’en prendre au site lui-même:

«[...] le problème, c’est de suggérer que le site est responsable du fossé entre hommes et femmes. Wikipedia ne choisit pas ses éditeurs, et les utilisateurs ne connaissent souvent pas le sexe des autres contributeurs car la plupart sont anonymes.»

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Par ailleurs, le problème ne se limite pas qu’à Wikipédia. Comme le fait remarquer le Herald Sun, l’absence de femmes scientifiques sur l’encyclopédie en ligne est aussi symptomatique de leur forte sous-représentation dans les domaines «STEM» –sciences, technologie, ingénierie et mathématiques. Les progrès à faire sont donc nombreux. En attendant, vous pouvez désormais consulter les pages Wikipédia d'Anny Cazenave (en français) et Ingeborg Hochmair (en anglais).

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