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A quoi pourrait ressembler le «test d'homosexualité» voulu par les pays du Golfe?

Caroline Piquet, mis à jour le 17.10.2013 à 12 h 17

Un participant à la parade pour le Christopher Street Day, à Berlin, en 2009. REUTERS/Thomas Peter

Un participant à la parade pour le Christopher Street Day, à Berlin, en 2009. REUTERS/Thomas Peter

Nous vous parlions en début de mois de cette annonce faite par le Koweït :les pays du Conseil de Coopération du Golfe ont l’intention de mettre en place un «détecteur d’homosexualité» pour filtrer les entrées des expatriés à leurs frontières. L'obtention d’un visa sera conditionnée à un «test médical» censé détecter votre orientation sexuelle.

Cette annonce a provoqué des réactions vives, mais personne n’a vraiment été surpris. Amnesty International a condamné une proposition «scandaleuse», et appelé, une fois encore, à l’abrogation «des lois qui criminalisent les relations sexuelles entre adultes consentants» –les «actes homosexuels» sont interdits au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, à Oman, en Arabie saoudite et dans les Emirats Arabes Unis.

Reste qu’au-delà de ce nouveau coup d’éclat destiné à intimider les homosexuels, de nombreuses personnes se demandent bien comment un tel test pourrait fonctionner, et les autorités du Koweït se sont bien gardées de dévoiler leur recette. Le rédacteur sciences de The Kernel, Greg Stevens a cherché à établir une «supposition éclairée» de ce à quoi un tel test pourrait ressembler.

Ceci n’est pas un test koweïtien. (via funnyjunk.com)

Le «saint Graal» assure Stevens, serait la découverte d’un gène de l’homosexualité –qui permettrait aux pays du Golfe de faire un simple prélèvement sanguin, ou de salive, pour identifier l’orientation sexuelle de ses sujets. Mais la science en est loin, à supposer qu’un tel gène existe.

Il existe toutefois une multitude d’études statistiques cherchant à regrouper les ressemblances physiologiques des gay et lesbiennes: niveau moyen de testostérone, niveau d’activité de certaines zones du cerveau, longueur des doigts, orientation des cheveux (non, ce n’est pas une blague), etc. La liste est longue, et les résultats pas vraiment fiables.

Quid d’éventuels tests comportementaux? Depuis que l’Arabie saoudite a été accusée d'avoir expulsé trois hommes parce qu’ils étaient trop sexy, nous sommes en mesure de redouter le pire, ajoute Stevens :

«Des tests comportementaux arbitraires, culturellement définis, sont le parfait moyen de donner un peu plus de pouvoir à des agents gouvernementaux pour se protéger de quiconque les rendrait mal à l’aise.»

Restent les tests psychologiques. Difficile de dire lequel pourrait être le plus fiable. La plus logique, précise Stevens, serait de diffuser un film porno gay à celui qui souhaite traverser la frontière, et d’observer si cela l’excite:

«Si cela apparaît relativement simple, le Koweït doit être averti: il y a des études qui suggèrent que les hommes qui haïssent et craignent les homosexuels sont particulièrement excités par le porno gay.»

Caroline Piquet
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