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J'ai testé le «yaourtophone»

Maïlys Masimbert, mis à jour le 17.10.2013 à 18 h 57

Tradtelefon. Emj via Wikimedia Commons

Tradtelefon. Emj via Wikimedia Commons

Dans la nouvelle saison de Platane –la série d’Eric Judor (de Eric et Ramzy)– on a vu ça: un «yaourtophone», le téléphone fabriqué avec deux pots de yaourts reliés par une ficelle. Et ça avait l’air de marcher.

J’ai toujours pensé que ce système ne fonctionnait pas, et que, si on entendait effectivement, c'était parce qu'on parlait fort et qu'on ne s’éloignait pas trop. Alors j’ai testé, et deux pots de compote et une grande longueur de laine plus tard, j’ai revu mon jugement. Ok, mea culpa, ça fonctionne. Mais comment?

Il semblerait que je n’aie pas été la seule à me poser cette question. Si vous avez 15 minutes devant vous, vous pouvez regarder la vidéo de l’émission On est pas que des cobayes de France 5, diffusée le 20 septembre. Le thème du jour: construire le plus long yaourtophone possible.


EM71 Défi : contruire un yaourtophone géant par cobayesF5

Et sinon, voilà une explication un peu plus courte. Il faut d’abord commencer par faire fonctionner ses méninges pour se souvenir que le son c’est une onde. C’est-à-dire que lorsque l’on parle, on émet une vibration. C’est elle qui va se propager entre les deux pots, à travers le fil qui les relie.

Votre interlocuteur parle dans le pot de yaourt 1. L’onde qu’il émet va faire vibrer le fond du récipient, et se propager dans la ficelle pour faire vibrer le fond du pot 2 et arriver jusqu’à vos oreilles. Magique!

Il faut quand même faire attention à quelques éléments:

  • Le fil qui relie les deux pots doit être bien tendu pour qu’il «n’absorbe» pas l’onde.
  • Rien ne doit venir toucher la ficelle, sinon l’onde s’arrêterait tout net à l’endroit de la perturbation. Si vous pincez le fil par exemple, vous n’entendrez rien.

Donc, si vous voulez avoir une conversation à plusieurs avec des pots de yaourt –sait-on jamais– il faudrait faire partir plusieurs ficelles du pot de l’émetteur. Et non pas nouer tous les fils entre eux, sinon l’onde ne circulerait pas. Le système ne marche en revanche que dans un sens: tous les récepteurs peuvent entendre l’émetteur, mais les récepteurs ne peuvent pas parler entre eux puisqu’ils ne sont pas reliés.

Le dispositif fonctionne avec tous les matériaux, mais il y en a avec lesquels ça marche mieux. Par exemple, la laine est assez efficace, un fil élastique l'est beaucoup moins. Parce qu’il est moins rigide, il absorbe l’onde. Quant aux pots, vous pouvez les prendre en verre, en métal, ou en plastique. Il faut juste que le fond des récipients soit souple pour vibrer suffisamment et transmettre l’onde à la ficelle. De fait, il y a quand même moins de chance que ça marche avec un gros seau en plastique ou un pot de confiture.

Mais le mieux du mieux, la Rolls Royce du matériau conducteur de son, c’est le métal. Un fil de fer fin et bien tendu entre les deux pots de yaourt fera circuler l’onde à merveille. Il faut dire que, dans le métal, «le son atteint une vitesse de 5.000 à 6.000 mètres par seconde» précise Guy Rabau, ingénieur de recherche au laboratoire mécanique et acoustique du CNRS.  Contacté par Slate, il explique notamment que c’est grâce à cela que les Indiens pouvaient entendre arriver les trains, bien avant qu’ils ne les voient, en collant leur oreille sur les rails.

Et si vous ne croyez toujours pas au coup des pots de yaourt, le mieux c’est encore de tester par vous-même. Alors, à vos cuillers!

M.M.

Maïlys Masimbert
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