Sciences / Life

Ceux qui disent souvent «je» ont moins de pouvoir

Temps de lecture : 2 min

Quartier de la Défense. Guilhem Vellut via Flickr CC License by.
Quartier de la Défense. Guilhem Vellut via Flickr CC License by.

C’est une croyance populaire tenace: les gens qui disent souvent «je» sont imbus d’eux-mêmes, voire narcissiques. De nouvelles recherches démontent cette assertion, et font d’autres découvertes intéressantes. Publiée en septembre 2013 dans la revue Journal of Language and social psychologie, l’étude de James W. Pennebaker, président du département de psychologie de l’université du Texas, à Austin, fait le constat suivant:

«Les personnes qui ont un statut social plus élevé utilisent moins le pronom ("je").»

Ceux qui disent souvent «je» auraient moins de pouvoir et seraient moins sûrs d’eux-mêmes. Ils se sentiraient même inconsciemment subordonné à la personne à qui ils s’adressent, souligne James W. Pennebaker dans les colonnes du Wall Street Journal.

Ce chercheur est l’un des pionniers dans la recherche sur l’utilisation des pronoms dans le langage, et a publié le livre The Secret Life of Pronouns: What Our Words Say About Us (La vie secrète des pronoms: ce que nos mots disent de nous) dans lequel il démontre combien ces mots sont révélateurs de notre psychologie, soulignait en août 2011 le Scientific American.

Dans le Wall Street Journal, Pennebaker affirme que les plus gros utilisateurs du «je» sont les femmes (qu’il estime plus réfléchies que les hommes), les personnes attentionnées, les anxieux et les dépressifs. (Etonnamment, dit-il, les personnalités narcissiques n’utilisent pas plus «je» que les autres, selon une méta-analyse d’un grand nombre d’études.)

Mais les personnes qui ont le plus de pouvoir ne sont pas les seules à sous-employer le mot «je». Celles qui ont quelque chose à cacher également –c’est un moyen de prendre de la distance.

Le Wall Street Journal cite une autre étude que James Pennebaker a menée avec Brittany Norman de l’Université d’Etat du Midwest au Texas (mais qui n’est pas encore publiée), dans laquelle les chercheurs ont passé à la loupe 856 tweets de Djokhar Tsarnaïev (le survivant des deux auteurs des attentats du marathon de Boston), entre octobre 2011 et le 15 avril 2013, jour de l’attentat. Ils ont constaté qu’il employait des mots et expressions centrés sur lui-même (je, moi, ma, je suis, je vais, etc.) de moins en moins souvent à mesure que l’on s’approchait des attentats. La plus forte baisse apparaît en octobre 2012 (4,81% des mots, contre 9,57% le mois précédent), précise Brittany Norman:

«Ces données suggèrent que M. Tsarnaïev a pris la décision de faire quelque chose qu’il devait cacher à ce moment-là.»

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