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Psychologie: tricher fait du bien

Laszlo Perelstein, mis à jour le 09.10.2013 à 11 h 26

A practical language book (1903). CircaSassy via Flickr CC License by.

A practical language book (1903). CircaSassy via Flickr CC License by.

Ces derniers temps, on ne peut pas vraiment dire que les exemples de tricherie aient manqué. Entre le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac, les longues années de mensonge de Lance Armstrong et les cas de fuites au bac, il y a de quoi faire. Et puis, ne nous mentons pas, les Français sont des tricheurs. Pourtant, ce vil acte peut parfois créer un sentiment agréable d'autosatisfaction, constate le Journal of Personality and Social Psychology.

A travers une série d’études, les chercheurs se sont penchés sur le ressenti des tricheurs en leur donnant différents tests écrits. Ceux qui ont triché se sont sentis bien. Même dans le cas où tricher entraînerait une non-validation des résultats, ceux qui l’ont fait ressentaient plus d’autosatisfaction que ceux ayant joué le jeu.

Plus surprenant encore, les tricheurs ayant reçu un rappel à la fin du test expliquant à quel point il était important de ne pas tricher se sentaient encore mieux que ceux n’ayant rien reçu.

«Il est perturbant de voir que les gens se sentent mieux après avoir triché, car il y a un renforcement émotionnel du comportement, signifiant qu’ils pourraient d’avantage recommencer», constate Nicole E. Ruedy, auteure de l’étude et chercheure à l’université de Washington.

Un tel comportement pourrait s’expliquer par un phénomène de groupe, remarque l’étude:

«Il est possible que quand un ensemble de personnes coordonnent leurs efforts pour tromper le système, cela accentue le plaisir du tricheur en répartissant la responsabilité en cas de conséquences négatives et en construisant un sens de la camaraderie.»   

Le Time rapporte que de tels résultats ont surpris les spécialistes du genre, comme David Callahan auteur The Cheating Culture: Why More Americans Are Doing Wrong to Get Ahead (La culture de la triche: pourquoi plus d'Américains font de mauvaises choses pour être en tête) pour qui «les tricheurs se sentent souvent en conflit ou pas super».

«Montrer des personnes se sentant bien après avoir commis une transgression morale est plutôt novateur», a expliqué au New York Times Scott Wiltermuth, professeur assistant à l’université de Californie du Sud, qui a écrit sur le comportement éthique et n’était pas impliqué dans l’étude.

Les conclusions de ces recherches sur le «plaisir du tricheur» guident les chercheurs vers d’autres études plus poussées sur la compréhension des émotions et leur influence sur la morale et l’éthique. De la fraude fiscale au téléchargement illégal, les implications concrètes sont nombreuses.

Laszlo Perelstein
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