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Faut-il partager son ADN sur Facebook?

Caroline Piquet, mis à jour le 25.06.2015 à 10 h 41

Capture d’écran de la publicité TV 23andMe via YouTube.

Capture d’écran de la publicité TV 23andMe via YouTube.

Nous partageons beaucoup de choses sur Facebook: des photos, parfois des informations sur notre identité, comme notre âge, nos relations, nos liens familiaux… certains partagent même leur ADN.  

Aux Etats-Unis, pour 99 dollars environ, vous pouvez envoyer à des entreprises comme ou FamilyTreeDNA ou 23andMe un échantillon de votre ADN, rapporte Venture Beat. Après analyses, elles vous renvoient un rapport complet sur votre génome.

Avec le lancement en août de la campagne de publicité TV de 23andMe, le séquençage du génome devient de plus en plus populaire aux Etats-Unis affirme The Verge. (Vous pouvez visionner la pub ci-dessous.)

Première campagne de publicité TV 23andMe, publiée le 4 août 2013.

23andMe, l’une des pionnières dans le domaine des tests génétiques grand public, détient la base de données génétique crowdsourcée destinée à la science et à la recherche «la plus importante au monde» affirme à Venture Beat sa co-fondatrice Anne Wojcicki.

La start-up californienne encourage également ses clients à partager ces informations en ligne, notamment pour retrouver la trace de personnes avec qui ils pourraient avoir des liens de parenté –moyens très efficace de démarcher des clients. Grâce au développement d’applications très faciles d’accès, certains se sentent obligés de partager des informations comme «j’ai des racines juives» ou «je suis principalement originaire d’Afrique sub-saharienne».  

Est-ce sans risque de fournir des informations aussi personnelles à ces entreprises? Cela n’est pas très clair, affirme Erin Murphy, professeur de droit à l’Université de droit de New York à Market Watch:

«Ces compagnies opèrent dans une zone grise juridique. Elles ne sont ni des cabinets médicaux, ni des laboratoires de recherche médicale.»

Entre de mauvaises mains, votre «carte d’identité génétique» pourrait compromettre une souscription d’assurance santé ou d’assurance vie, par exemple. Quid d’un employeur éventuel, qui face à plusieurs candidatures, pourrait grâce à une simple recherche sur Google choisir le celui qui a le moins de risques de développer un cancer?

Il s’agit d’une approche étonnemment ouverte et sociale, qui est quelque peu surprenante compte-tenu du caractère très sensible des données que 23andMe possède. Un généticien interrogé par Venture Beat –qui a souhaité garder l’anonymat– ironise sur le fait qu’il est plus risqué de partager son génome que son compte en banque sur Internet: si vos données bancaires peuvent changer, vos données génétiques, elles, sont gravées dans le marbre.

Caroline Piquet
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