Tous les jeunes ne sont pas des «digital natives»

Young digital native. Charlotta Wasteson via FlickrCC License by

Young digital native. Charlotta Wasteson via FlickrCC License by

Non, tous les jeunes du monde entier ne sont pas rivés à leurs écrans, que ce soit celui de leur téléphone portable, de leur ordinateur ou de leur tablette. Selon une étude menée par le Georgia Institute of Technology et l’International Telecommunication Union, ils ne seraient même que 30% à être considérés comme des digiborigènes (néologisme savoureux pour désigner les «digital natives» ou «natifs numériques»).

Mais avant d’aller plus loin, il faut préciser la définition de ce terme assez large, et pas très clair. Le rapport précise, un natif numérique est «un jeune, âgé de 15 à 24 ans, ayant passé au moins 5 ans à utiliser Internet».

Ce qui explique que la totalité des petits Français ayant entre 15 ans et 24 ans ne soient pas tous des digiborigènes. Ils sont 90,7% à être considérés comme tels. Ce qui est déjà pas mal.

Les pays avec la proportion la plus importante de natifs numériques sont pour la plupart «des pays riches avec un fort taux de pénétration d’Internet», note UPI. En tête du classement, on trouve l’Islande. Les Etats-Unis sont sixième alors que la France est 26e. Le Timor oriental est en bas de la liste, avec moins de 1% de natifs numériques.

Cette différence entre pays riches et pauvres n’a «rien de nouveau» d’après le New York Times qui s’intéresse davantage au regard que l’étude apporte sur les différences générationnelles par rapport à Internet.

«[L’étude] montre que dans les pays développés, il n’y a plus de différence générationnelle entre les internautes. La plupart des personnes des pays riches sont connectées, plus de 84% de la population totale, à la fois jeunes et vieux, en Corée du Sud le sont par exemple.»

Un écart entre jeunes et moins jeunes que l’on retrouve en revanche lorsqu’il s’agit de pays en développement, comme le Burundi ou l’Erythrée où «les jeunes ont trois fois plus de chances d’être connectés à Internet que la population adulte». Une observation qui fait relativiser l’importance portée au concept de digiborigène par le marketing ou la publicité dans les pays développés. C’est ce que remarque Michael Best, l’un des responsables de l’étude:

«La fascination généralisée pour les natifs numériques aux Etats-Unis ou en Scandinavie c’est bien, mais les endroits où le phénomène a le plus d’impact ce sont les pays à faibles revenus d’Afrique ou d’Asie.»

La Malaisie qui occupe avec la 4e place du classement derrière l’Islande, la Nouvelle Zélande et la Corée du Sud, est donc l’exception qui confirme la règle. Un résultat qui s’explique par «l’utilisation active des technologies à l’école», selon Best.

Leur jeunesse est l’atout de ces pays en développement estime la RTBF, parce qu’elle constitue un «formidable facteur d’innovation et de développement». Elle représente l’avènement de la nouvelle ère numérique.