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Pourquoi j'ai refusé que ma fille fasse du piano

Nadia Daam, mis à jour le 07.10.2013 à 12 h 42

Vous avez été nombreux à réagir à l'article «Lâchez vos enfants avec la musique classique». Cela mérite donc quelques précisions.

First notes / pedrobonatto via FlickrCC License by

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L'article «Lâchez vos enfants avec la musique classique» vous a fait réagir. Beaucoup de personnes ont commenté à ces deux phrases:

«Ma propre fille de 7 ans ne prend ni cours de piano, ni cours de violon, et encore moins de leçons de danse classique. Même si elle m’en a elle-même fait la demande.»

J’ai reçu plusieurs mails, DM, commentaires me reprochant de «priver» et de «fruster» ma fille, certains y voyant une profonde forme de cruauté. Si ces réactions ne m’ont pas surprise, leur caractère profondément indigné me semble un brin disproportionné (je me suis relue plusieurs fois pour verifier que je n’avais pas écrit «j’ai enfermé ma fille dans un placard avec un bac à litière et des cailloux à suçoter pour le goûter».)

Cela mérite donc quelques précisions.

D’abord, je ne cède pas à toutes les demandes de mon enfant. Elle me demande régulièrement un poney. Ce n’est pas pour autant qu’elle en trouvera un sous le prochain sapin de Noël.

Ensuite, si j’ai posé mon veto pour le piano, le violon, et la danse classique, ce n’est pas parce que je suis une sociopathe briseuse de rêves d’enfant, mais parce que, si elle a exprimé cette demande, c’est d’abord parce qu’elle ignorait qu’il existait des dizaines d’autres disciplines (l’échange que nous avons eu me l’a d’ailleurs confirmé).

L’idée selon laquelle les enfants doivent apprendre le piano, le violon, la flûte, ou la danse classique est tellement ancrée dans le monde des adultes que les enfants eux-mêmes sont convaincus qu’il faut bien en passer par là.

Si elle a fait cette demande, c’est aussi parce que les copains et copines de l’école pratiquaient tous telle ou telle discipline, et ma foi, si je peux montrer à mon enfant qu’il est possible de ne pas toujours faire comme les autres, eh bien je pense que je remplis là une mission essentielle.

Vous vous rappelez de la fameuse phrase ressassée par des générations de parents: «Si ta copine se jette par la fenêtre, tu le feras aussi?», eh bien, elle s’applique aussi ici. Si sa copine Amélie fait du twirling bâton, je ne vais pas courir les magasins à la recherche d’un bâton de majorette. Pareil pour la flûte à bec.

Enfin, elle pratique beaucoup d’AUTRES activités: 3 ans d’éveil corporel, du cirque, un stage de poney cet été, des ateliers cuisine (elle adore cuisiner –les lois de la génétique sont impénétrables), son père, passionné de musique, l’emmène régulièrement aux concerts. Elle est également inscrite à un atelier théâtre. Bref, elle a déjà des semaines bien remplies, et j’essaye de mettre toutes les chances de mon côté pour éviter que ma fille fasse un burn-out à 7 ans et demi.

Si à 12 ans, après avoir découvert, entendu, vu, testé tout ce qu’il est possible de faire en 2013, elle choisit le piano, eh bien soit. Si elle choisit la batterie, soit (coucou les voisins). Mais je tiens à ce qu’elle sache, qu’aujourd’hui, contrairement à 1952, on peut faire, apprendre plein de choses différentes. On peut même ne rien faire du tout (si si, mais c’est encore un autre débat).

N.D.

Nadia Daam
Nadia Daam (199 articles)
Journaliste
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