Travailler pendant sa pause-déjeuner: pas une si mauvaise idée

Lunch break + Calligrapomorphic. Mo Riza via Flickr CC License by.

Lunch break + Calligrapomorphic. Mo Riza via Flickr CC License by.

Travailler toute l’année pendant sa pause-déjeuner, c’est donner à son entreprise 16 jours de travail non-rémunérés. Pourtant, l’idée ne serait pas si mauvaise et n’entraînerait pas forcément une fatigue accrue, rapporte une étude du Département de gestion de l’université de Toronto, publiée en ligne en mars en 2013 et sur papier en octobre dans Academy of Management Journal.

Pour réaliser cette étude, 103 employés de l’administration d’une grande université d’Amérique du Nord ont été interrogés pendant 10 jours sur la façon dont ils passaient leur pause-déjeuner. Il a également été demandé à leurs collègues de signaler à quel point ils avaient l’air fatigués à la fin de la journée.

Il en résulte que travailler et manger devant son poste de travail ou discuter en déjeunant avec ses collègues peuvent être aussi fatiguant l’un que l’autre.

«Nous avons découvert qu’un élément-clé était d’avoir la liberté de choisir de le faire ou non», commente John Trougakos, professeur associé et co-auteur de l’étude.

«L’aspect d’autonomie aide à compenser ce que nous pensions traditionnellement être une mauvaise façon de passer sa pause-déjeuner.»

Ainsi, un employé qui a délibérément choisi de travailler le midi au lieu d’aller à la cafétéria ne ressentira pas la même fatigue que s’il l’avait fait sous la contrainte de son supérieur. De même, passer sa pause-déjeuner avec des personnes de l’entreprise peut entraîner dans certaines conditions un niveau de fatigue accrue. Un résultat qui peut sembler étrange au premier abord, mais qu’explique le professeur Trougakos:

«Vous traînez avec des personnes avec qui vous ne pouvez pas nécessairement vous détendre et être vous-même.»

Difficile en effet de se relaxer quand son boss traîne dans les parages, aux aguets de la moindre parole de travers.  

Les entreprises qui n’offrent pas d’opportunités aux employés de récupérer de leur travail au cours de la journée réduisent leur efficacité et productivité, conduisant à de l’épuisement et de l’absentéisme, conclut John Trougakos. 

De là à demander de remettre la sieste au goût du jour, il n'y a qu'un pas.