Science & santéLife

Plus vieux, moins sages?

Maïlys Masimbert, mis à jour le 03.10.2013 à 12 h 12

Personnes âgées assises sur un banc. Pedro Ribeiro Simoes via FlickrCC License by

Personnes âgées assises sur un banc. Pedro Ribeiro Simoes via FlickrCC License by

Attention, si vous espériez devenir plus sages en vieillissant, cette «étude à la con» risque de vous décevoir.

Des chercheurs australiens et américains ont rassemblé un groupe de 135 personnes, âgées de 12 à 90 ans. Chacun recevait une somme de 125 dollars (90 euros) et devait répondre à différentes questions destinées à «évaluer l’aversion du risque, la consistance de la pensée, et la rationalité» des participants, explique le Los Angeles Times.

Comparé aux autres groupes d’âges, les plus âgés préfèrent être sûrs de gagner de petites sommes d’argent plutôt que de parier sur des gains plus importants mais incertains. C’est l’inverse qui se produit lorsqu’il s’agit de perdre de l’argent, pointe Business Insider. Les auteurs du rapport confient au Time en être «surpris»:

«Ces gens-là sont tous des personnes âgées qualifiées, et ils prennent quand même plus de mauvaises décisions que des plus jeunes.»

Et cela n’a rien à voir avec de possibles maladies mentales, tous les participants ont été auscultés avant le test. 

Mais tout n’est peut être pas perdu. Une autre étude, menée cette fois par des chercheurs de l’université de Columbia, évalue deux types d’intelligence chez les personnes plus âgées: la «fluide», celle qui permet d’apprendre et de traiter des informations, et la «cristallisée» qui fait référence à l’expérience et aux connaissances accumulées.

Même scénario que pour l’étude précédente: des participants âgés de 18 à 82 ans doivent répondre à une série de questions pour évaluer le niveau de ces deux intelligences, détaille Science Daily. Là encore, les anciens ont moins peur de perdre de l’argent, et si les chercheurs reconnaissent que l’intelligence fluide décline avec l’âge, ils notent aussi que:

«Les conclusions confirment notre hypothèse que l’expérience et les connaissances acquises au cours d’une vie de prise de décisions compensent les difficultés à apprendre de nouvelles informations.»

Ces difficultés sont logiques. Avec le temps, notre mémoire devient sélective, rappele un membre du Stanford Center sur la longévité dans Forbes:

«Alors que la mémoire tend à décliner avec l’âge, il semble que les plus âgés opèrent une sélection des informations et retiennent que les plus importantes.»

Conclusion, il faut:

  • développer des solutions pour aider les plus âgés à gérer leur intelligence fluide qui part en gouttelettes (ça c’est la proposition des chercheurs de Columbia)
  • prendre de meilleurs décisions tout au long de notre vie pour préserver les ressources dont on a besoin plus tard (ça c’est la suggestion du Centre sur la longévité)
  • Mais rien de tout cela ne nous permet d’être sûr qu’on ne fera pas de choix insensés plus tard parce que de toute manière «ce ne sont que des spéculations», conclue l’équipe américano-australienne.

On vous avait prévenu que ces études c’était du vent… 

Maïlys Masimbert
Maïlys Masimbert (106 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte