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Utiliser les téléphones mobiles pour détecter les séismes

Michel Alberganti, mis à jour le 30.09.2013 à 19 h 35

Téléphone photo de leafar., sur Flickr

Téléphone photo de leafar., sur Flickr

Il existe aujourd’hui dans le monde presqu’autant de téléphones mobiles que d’habitants. Soit 6,8 milliards d’appareils contre un peu plus de 7 milliards de Terriens. A titre de comparaison, le milliard d’automobiles sur Terre a été atteint en 2010. Outre les impacts sur la communication d’un tel nombre de téléphones mobiles sur la planète, nous n’en sommes sans doute qu’à la préhistoire du développement d’autres usages. En effet, un nombre croissant de ces appareils sont équipés de systèmes sophistiqués qui peuvent être exploités pour tout autre chose que la téléphonie, le courrier électronique, le surf sur Internet, l’accès au multimédia ou les jeux.

Prenons une fonction en apparence banale: le basculement de l’affichage de l’écran en fonction de la position de l’appareil pour éviter de lire les textes à la verticale. Deux sismologues de l’Institut national de géophysique et de vulcanologie d’Italie lui ont trouvé un tout autre intérêt et leurs travaux sont publiés par la Seismological Society of America. Derrière le basculement d’écran, on trouve en effet un composant électronique aussi perfectionné que peu coûteux. Il s’agit d’un accéléromètre fabriqué à l’aide de la technologie Mems.

Cette technologie signifiant «microsystème électromécanique» réalise la fusion entre la micro-électronique et la mécanique. Son originalité réside dans l’utilisation des méthodes de fabrication des microprocesseurs pour réaliser des composants mécaniques. D’où la multiplication de leurs applications depuis leur mise sur le marché dans les années 1980. On trouve des Mems dans les injecteurs d’imprimantes à jet d’encre, dans les vidéoprojecteurs ou dans les détecteurs de mouvement des consoles de jeux vidéo qui sont, justement, des accéléromètres.

Antonino D'Alessandro et Giuseppe D'Anna ont constaté que les téléphones mobiles pourraient ainsi devenir des capteurs de secousses sismiques. Par rapport aux appareils spécialisés qu’ils utilisent, les performances restent modestes. Les chercheurs ont comparé le Mems LIS331DLH qui se trouve dans un iPhone au sismographe EpiSensor ES-T fabriqué par Kinemetrics.

Le résultat montre que l’accéléromètre d’un iPhone peut détecter des tremblements de terre de magnitude supérieure à 5, ce qui correspond à un séisme puissant. Encore faut-il qu’il soit proche de l’épicentre. Pour des vibrations plus faibles, le «bruit» généré par l’appareil le rend inopérant.

Malgré cette limitation, les deux chercheurs estiment que les progrès constants de la technologie pourraient permettre rapidement aux téléphones mobiles de détecter des séismes de magnitude inférieure. Avec l’atout majeur de leur nombre qui conduirait à une extension considérable du réseau de surveillance des séismes.

Dès aujourd’hui, avec leurs performances limitées, les téléphones mobiles pourraient être utilisés, selon les chercheurs, pour créer des «réseaux sismiques urbains» capable de transmettre en temps réel des donnés sur les mouvements du sol à un centre d’analyse. La quantité de données ainsi collectées permettrait aux sauveteurs d’identifier les zones aux dommages potentiellement les plus importants. De quoi affecter plus efficacement les ressources des secours.

M.A.

Michel Alberganti
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