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Climat et Giec: «ce n’est pas de la science, mais du charabia»

Slate.fr, mis à jour le 29.09.2013 à 11 h 16

Pollution en Chine  REUTERS

Pollution en Chine REUTERS

Le dernier rapport scientifique du Giec (Groupement d’experts intergouvernemental sur le climat) publié le 27 septembre, considère qu’il y a «95% de chances» que le réchauffement climatique soit la conséquence de l’activité humaine. Le rapport intergouvernemental sur le climat mené par 259 scientifiques de renom a révisé dans le même temps à la baisse sa fourchette de prévision moyenne d’augmentation des températures compte tenu du fait qu’elles stagnent depuis 15 ans. Le taux de réchauffement a été réduit à 0,05°C par décennie entre 1998 et 2012 contre 0,12°C par décennie entre 1951 et 2012. Soit une quasi stabilisation que les modèles ne peuvent pas totalement expliquer.

Sans surprise, les climato-sceptiques ne sont pas vraiment convaincus et sont même particulièrement actifs et énervés explique The Guardian. Lord Nigel Lawson, président de la Global Warming Policy Foundation, un think tank climato-sceptique, a écrit un véritable réquisitoire contre le Giec dans The Telegraph. En voici quelques extraits.

«Se présentant comme la voix de la science sur cette question importante (le Giec) est un groupe de pression politique qui jette le discrédit sur le nom de science. Son précédent rapport, en 2007, était tellement contestable que l’Institution scientifique numéro un, The InterAcademy Council (IAC), a décidé de mener une enquête…. Elle a conclu en 2010 qu’il y avait «des erreurs évidentes dans chaque étape majeure du processus d’estimation du Giec» et que «des améliorations significatives» étaient nécessaires… critiquant également le Giec pour affirmer avoir «une grande confiance dans plusieurs affirmations pour lesquelles il y avait peu de preuves». Depuis, il semble que rien n’a changé et que le dernier rapport est aussi contestable que le précédent».

Lord Lawson s'en prend notamment au fait que le nouveau rapport est contraint de tenir compte du fait que «le réchauffement mondial semble avoir cessé: «il n’y a pas de progression dans les températures officiellement enregistrées dans le monde au cours des 15 dernières années. Cela est mis de côté comme une aberration temporaire et ils expliquent que le réchauffement a continué, mais plutôt que de se produire à la surface de la terre il a pu se faire dans les profondeurs (très froides) des océans, ce dont au passage il n’y a aucune preuve empirique».

«Un nombre grandissant de climatologues parvient à la conclusion qu’au moins une part de la réponse se trouve dans la sensibilité du climat au carbone la quantité de réchauffement qui peut être attendue d’une augmentation donnée de dioxyde de carbone dans l’atmosphère (causée par les carburants fossiles: charbon, pétrole, gaz)qui est significativement inférieure à ce qui était attendu.»

«C’est sans aucun doute une acceptation réticente de ce fait qui a conduit le nouveau rapport à estimer que le réchauffement que nous pouvons attendre à la fin du siècle est probablement moins important que ce que le Giec avait auparavant prédit: peut-être 1,5 degré Celsius. Ce qu’ils n’ont pas fait pour autant est de reconnaître que leurs modèles informatiques sur lesquels ils basent toutes leurs prévisions sont faux…».

«La vraie méthode scientifique est fondée sur l’observation empirique. Quand une théorie –construite sur un programme informatique ou non– produit des prévisions qui sont contredites par l’observation, alors la théorie, et le modèle informatique qui la reflète, doivent être repensés».

«Le Giec a tenté de masquer ce problème fondamental en proclamant que si en 2007 il était sûr à 90% que la majeure partie du réchauffement climatique depuis les années 1950 était la conséquence de l’activité humaine, il en est sûr maintenant à 95%. Ce n’est pas de la science, c’est du charabia. Ni les 90% ou les 95% n’ont une base scientifique. Ce sont simplement des chiffres tombés du ciel pour les journalistes et les politiciens crédules».

«La vérité est que la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère augmente régulièrement du fait de l’utilisation de carburants fossiles, plus particulièrement dans les pays à croissance rapide du monde en développement et notamment en Chine. Et c’est aussi un fait scientifique que cela réchauffe la planète. Mais il existe deux questions scientifiques qui ne sont pas résolues: est-ce que les autres composantes du climat ont une influence ou pas et quelle va être l’ampleur du réchauffement? … Une température supérieure de 1,5 degré celsius à la fin du siècle serait plutôt une bonne chose pour la production mondiale de nourriture et pour la santé humaine».

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