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Spécial Whisky Live: six conseils pour survivre à une (vaste) dégustation de whisky

Christine Lambert, mis à jour le 27.09.2013 à 16 h 48

WhiskyLive, édition 2012. DR

WhiskyLive, édition 2012. DR

Retrouvez tous nos articles whisky dans notre dossier La Soif du malt.

Ce week-end à Paris, le Whisky Live, le plus grand salon de spiritueux en France (Slate en est partenaire), souffle ses 10 bougies. Vous êtes tous conviés à l’anniversaire. Mais attention : c’est une sortie qui se prépare aussi tactiquement qu’une bataille napoléonienne. Plan d’attaque.

1.On n’y va pas seul(e)

«Le whisky, c’est convivial», lâche Philippe Jugé d’un ton définitif. Les dégustations inoubliables créent un moment de connivence, de partage, l’exact contraire d’un plaisir égoïste. Le taulier de Whisky Magazine, la revue des amateurs de malts et de spiritueux, calcule mentalement avec hésitation: «19, 20, 21… 27, 28, 29… Ouh la, ça va faire 30 ce week-end!» Trente Whisky Live au compteur – pas seulement en France, bien sûr. Trente week-ends de «convivialité»: c’est donc lui qui va nous servir de guide et distiller ses conseils pour survivre à cette 10e édition du Whisky Live Paris, dont Slate est l’un des partenaires.

2. On y va à pied

Ou en transports en commun, voire en taxi. «Le whisky, ça saoule», rappelle Philippe Jugé. Or, plus de 200 marques et distilleries n’auront qu’une envie ce week-end: vous faire découvrir leur art. Sachant que 2 dégustations de scotch + 2 dégustations de bourbon, ça fait 4 doses d’alcool à l’arrivée, à 40° minimum —quel que soit le mode de calcul—, quel est l’âge du distillateur? Si vous vous trompez dans l’addition, faites un break. Tous les stands proposent des bouteilles d’eau, ne les contemplez pas avec effroi, elles sont (aussi) vos amies.

Tous les stands disposent de crachoirs, utilisez-les pour vider le reste de votre verre entre deux dégustations et/ou recracher après avoir gardé en bouche la gorgée test (je n’ai toujours pas compris comment on pouvait estimer la qualité d’un whisky sans lui faire franchir la glotte, mais le débat est sans fin, et certains savoirs s’acquièrent sans doute plus laborieusement que d’autres).

Si vous recrachez avec plaisir et précipitation un spiritueux, inutile de demander à l’artisan qui l’a distillé si c’est du diesel ou de l’eau de Cologne: contentez-vous d’un «C’est intéressant» pénétré ou lâchez pensivement un petit «Hum, c’est très original».

3.On ne vient pas l’estomac vide

On déjeune solidement avant de se pointer à l’ouverture (13h30, et 12h30 pour les détenteurs d’un billet premium), en évitant la cuisine très épicée. Et on fourre dans son sac des petits biscuits secs au goût neutre pour absorber les coups de mous –et pas seulement. Pas de chewing-gums, Tic-Tac et autres Menthos qui vous ruineraient le palais (note aux inquiets: une chance, contrairement à la bière, le whisky ne vous laissera pas une haleine de phacochère putride, surtout si vous savez les sélectionner sans abuser.)

Devant la Maison de la Mutualité, un food truck (un camion restauration) proposera des encas sur le pouce. Sur place, dans la salle du Conseil, la distillerie japonaise Nikka s’est associée à des artisans du goût pour créer une bento box traditionnelle à savourer à l’heure du déjeuner. Et un service de restauration à emporter s’agitera non-stop pendant la durée du salon.

Pour une partition plus enlevée, le néo-bistrot Le Terroir Parisien, qui a table ouverte à l’année en ces lieux (Yannick Alleno aux pianos, déco signée Wilmotte), accordera sa carte aux sons des spiritueux.

Prêt(e)? Attrapez un verre à dégustation à l’entrée et ne le lâchez plus, sous aucun prétexte. Il doit vous suivre, telle une extension de votre main, de stand en stand.

4.On fait du repérage

Avant de passer à l’attaque, on apprend par cœur la liste des stands qui nous intéresse, et on fait un premier tour pour repérer le terrain de jeu. Avec 70 stands dédiés au whisky et, pour les plus curieux, autant consacrés aux autres spiritueux (rhum, vodka, gin, etc), soit plus de 800 références proposées à la dégustation, vous ne comptiez pas musarder en touriste? Non, il va falloir déterminer ses priorités. Et organiser son circuit: une balade parmi les whiskies du monde? Un tour dans la tourbe? Une virée des embouteillages de négoce?

5. On attaque avec méthode

«Commencez par aller goûter un whisky que vous connaissez bien, sur lequel vous avez des références, conseille Philippe Jugé. Un truc que vous adorez – en principe – et qui vous servira de benchmark C’est bon, tout fonctionne? Le nez, la bouche? Les papilles? Passé ce check-up, une fois déclaré bon pour le service, il va falloir la jouer tactique et s’inspirer de Napoléon à Austerlitz.

Procédez dans un ordre précis. «D’abord les whiskies d’apéro: les blends d’une manière générale, les irlandais, certains classiques des grandes marques de single malts jusqu’à 15 ans d’âge. Leur titrage en alcool est un bon indicateur pour les repérer : 40%, guère plus. Le fût de vieillissement également: ce sont plutôt les ex-fûts de bourbon, mais évitez les premier remplissage, plus marqués par le bois. N’hésitez pas à beaucoup réduire les premiers whiskies que vous goûtez pour les ramener à 23-25% d’alcool: c’est à ce taux qu’on déguste le mieux.»

On passe ensuite aux single malts et aux embouteilleurs indépendants. Puis on s’aventure sur les «sherry monsters», ces whiskies très marqués par les anciens fûts de xérès dans lesquels ils ont vieilli. Et on termine par les tourbés qui vous enfument le palais pour des heures.

On boit un peu d'eau entre chaque whisky dégusté (cf chapitre 2, l’eau est votre amie) et on en descend un grand verre entre chaque stand pour limiter les effets de l’alcool sur l’organisme, refaire une virginité à son palais et rincer son verre par la même occasion. «Et, surtout, on prend son temps avant de déguster, en échangeant avec ses copains ; on prend son temps après avoir dégusté en commentant avec ses copains» (cf chapitre 1er, le whisky c’est convivial).

Vous noterez que ces conseils s’appliquent pour la plupart à une soirée de dégustation entre amis, et pas seulement en opération survie dans un Salon des spiritueux.

6.On note, on commente

Emportez un petit carnet, pour noter ce que vous aimez, adorez –et ce que vous aimez moins, encore moins. «Inutile de pondre des notes de dégustation de 3 pages. Le nom de la distillerie, l’embouteillage et un petit code de notation type A, A+, A+++++, suivis d’un bref commentaire, suffisent», conseille notre guide attitré.

Quand de l’eau (de vie) aura coulé sous les ponts et que vous aurez oublié jusqu’à la saveur unique de tel whisky, vous apprécierez bien plus de l’avoir évalué à la mode Facebook (I like! I like grave!) que de relire vos notes de dégustation (nez floral, bouche mielleuse, finale longue – oui, d’accord, mais au fait: il était bon? Sais plus…)

Vous pouvez également prendre des notes sur votre Smartphone et photographier vos bouteilles préférées. Vous passerez pour un blogueur. Et avant de repartir gaiement, faites coucou à Philippe. Ça lui fera plaisir.

Christine Lambert

• Whisky Live and Fine Spirits, les 28 et 29 septembre à la Maison de la Mutualité, 24, rue Saint-Victor, 75005 Paris. Métro Maubert-Mutualité ou Cardinal-Lemoine. De 13h30 à 19h30. www.whiskylive.fr

** Attention, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé**

Christine Lambert
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