Égalités / Life

Les «youtubeuses» sont souvent victimes de harcèlement

Temps de lecture : 2 min

Le logo de Youtube, lors d'une conférence de presse en Californie. REUTERS/Fred Prouser
Le logo de Youtube, lors d'une conférence de presse en Californie. REUTERS/Fred Prouser

Vous connaissez forcément Norman, Cyprien, Hugo, les jeunes stars de YouTube. Comme l’écrivait Monique Dagnaud en septembre 2012, «ce qui cartonne sur YouTube et les réseaux sociaux, ce sont ces séquences d’autodérision sur le quotidien des jeunes garçons d’aujourd’hui –le one man show du Net est encore très masculin.»

Et les filles alors? Les filles, elles, reçoivent des menaces de viol et voient leur photo de profil réutilisée sur des sites porno, nous dit The Daily Dot. Peu importe le sujet dont elles traitent dans leurs vidéos, elles se voient toujours rétorquer un «tits or GTFO» –«montre nous tes seins ou casse toi»- ou un «retourne dans ta cuisine».

Karen Kavett, une «youtubeuse» qui se préoccupe principalement de typographie et de design, se fait régulièrement traiter de «moche» dans les commentaires, «et reçoit des avis non sollicités sur ce qu’elle devrait faire pour améliorer son apparence». Exemple:

«sans vouloir te vexer, Karen, si tu te lavais les cheveux/n'avais pas la raie du milieu aussi grasse, [...] tu aurais l'air fantastique».

«Un mec m’envoie régulièrement des messages pour me dire que je serais beaucoup plus jolie si je changeais de coiffure», a également confié Amanda Aizuss, qui gère une chaîne dédiée aux nouvelles technologies. La majorité des commentaires qu’elle reçoit, positifs ou négatifs, parlent de son apparence physique. Pas du contenu de ses vidéos.

Laci Green, l’animatrice de la chaîne YouTube Sex+, s’est quant à elle retirée d’internet pendant un mois entier, car elle était victime d’un «cyber-harcèlement» permanent: insultes, menaces de viol... Un jour, quelqu’un lui a envoyé des photos d’elle dans la rue, et de son appartement. Elle a dû déménager.

Bien sûr, les garçons non plus ne sont pas à l’abri des critiques et des insultes. Mais selon Megan Corbett, du site Wonderly, «avec les femmes, les attaques sont plus personnelles. Les gens ont tendance à devenir tout de suite vraiment horribles et violents, et c’est effrayant pour les femmes. Pour les hommes, c’est plutôt “ta gueule, t’es con”, mais pour les femmes, cela semble plus réel, car beaucoup d’entre elles ont déjà subi ça dans la vraie vie

Pour l’instant, il n’existe pas vraiment de solution miracle au cyber-harcèlement. Si YouTube permet de signaler les vidéos pour leur contenu violent, incitant à la haine ou encourageant des actions terroristes (entre autres), il est impossible d’en faire de même pour les commentaires. Les seules options à l’heure actuelle sont de «signaler l’image de profil» ou «signaler comme spam».

Selon Laci Green, le meilleur remède reste donc la solidarité: poster des remarques encourageantes sur les vidéos des autres filles, et ne pas hésiter à les défendre, surtout lorsque l’on repère un commentaire désobligeant.

Anaïs Bordages Journaliste

Newsletters

Joyeux et politique, le projet hors normes du Gros Festival

Joyeux et politique, le projet hors normes du Gros Festival

Samedi 23 et dimanche 24 mars, le collectif Gras politique organise son premier festival, avec pour principal objectif de fédérer contre la grossophobie.

Bilqis Abdul-Qaadir, une carrière brisée par l’interdiction du hijab

Bilqis Abdul-Qaadir, une carrière brisée par l’interdiction du hijab

La basketteuse Bilqis Abdul-Qaadir avait tout pour devenir un symbole de réussite de la jeunesse musulmane américaine. Mais la Fiba lui a barré l’accès aux terrains, en raison de son voile.

Des travailleuses du sexe se forment à l'auto-défense, et ça en dit long

Des travailleuses du sexe se forment à l'auto-défense, et ça en dit long

«Le travail du sexe est tellement stigmatisé qu'un grand nombre d’entre nous sommes très isolées.»

Newsletters