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A Chicago, les réseaux sociaux servent aux gangs... et à la police

Laszlo Perelstein, mis à jour le 23.09.2013 à 15 h 49

 Shoot gun. Gideon Tsang via Flickr  CC License by.

Shoot gun. Gideon Tsang via Flickr CC License by.

L’année dernière, plus de 500 personnes ont été assassinées à Chicago. La ville, qui compte plus de 70.000 membres issus de 850 gangs différents, est réputée plus dangereuse que l’Irak et l’Afghanistan réunis. Des gangs aussi bien présents dans la rue que sur les réseaux sociaux, explique le site américain Wired. Ainsi, l’on peut trouver chaque jour sur Facebook, Twitter ou Instagram des photos de membres de gang posant avec des billets, de la drogue ou des armes, parfois les trois à la fois. «Une transparence qui ferait rêver les grands noms de la Silicon Valley», s’amuse le journaliste. 

Alors que la majorité des violences trouvent leur origine dans des conflits personnels, les réseaux sociaux viennent accentuer le phénomène. C’est d’autant plus grave que les gangs de Chicago possèdent plus d’armes que les polices de New York et Los Angeles réunis. «Une bande de jeunes, plus un conflit, plus des armes à feu égal un mort», dit brutalement Harold Pollack, codirecteur au laboratoire criminel de l’université de Chicago.

La police de Chicago patrouille désormais sur les réseaux sociaux comme dans les rues. Et pour cause, elle estime que près de 80% des dérangements causés dans tous les établissements scolaires trouvent leur origine dans des échanges en ligne. Parfois, ces jeunes gangsters oublient que les réseaux sociaux sont également surveillés par la police. Au printemps dernier, deux membres d’une bande de Central Florida ont enfreint les conditions de leur liberté conditionnelle et été arrêtés pour avoir posé avec des pistolets sur leur page Facebook personnelle.

Récemment, la police de Chicago a empêché un meurtre en regardant les commentaires d’une vidéo de rap critique à l’égard de Chief Keef, un rappeur local qui a connu le succès. Le jeune garçon de 12 ans a été mis à l’abri dans le voisinage, le lendemain, des rivaux rôdaient près de sa maison. L’issue aurait pu être fatale.

Quand c'est le cas, les réseaux sociaux dévoilent leur côté le plus terrible. En 2011, un gamin de 15 dénommé Shondale «Tooka» Gregory avait été tué d’une balle dans la tête. Des rivaux avaient ensuite posté des photos truquées de son corps sur Facebook, rajoutant des cornes et des morceaux de cervelle. D’après la police de Chicago, 81 élèves de son lycée ont été suspendus pour bagarre et 200 autres sont partis dans les minutes qui ont suivi la publication.

Ces méthodes de recherche des activités en ligne ne sont pas propres à Chicago. À Cincinatti, une brigade surveille des dizaines de sites à travers plusieurs moniteurs et n’hésite pas à inquiéter les gangsters de rue en leur disant précisément ce qu’ils faisaient la veille. Même son de cloche à New York, où «n’importe quel tweet peut détenir l’identité de la prochaine victime potentielle et de son meurtrier», explique Paul Browne, sous-commissaire à la NYPD. Un guide a même récemment été mis à jour pour expliquer le fonctionnement des réseaux sociaux chez les gangs. Son auteur, Jody Weys, également président de la commission criminelle de Chicago estime que les membres de gangs «sont bien plus intelligents que beaucoup de personnes pensent, écrit CBS. C’est un défi pour les agents du maintien de l’ordre de suivre ces avancées technologiques et de les utiliser contre les criminels»

Pour les gangs de rue, l'utilisation des réseaux sociaux est à double tranchant: ne pas les utiliser expose également à des dangers comme ne pas savoir qui est allié avec qui, qui menace, qui vous veut mort... mais trop les utiliser peut augmenter considérablement le risque de se retrouver en prison ou à la morgue municipale. 

Laszlo Perelstein
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