Science & santéLife

Pourquoi le réchauffement climatique est-il en veilleuse depuis 15 ans?

Michel Alberganti, mis à jour le 23.09.2013 à 12 h 30

Le chapitre scientifique du cinquième rapport du GIEC, qui doit être publié vendredi, devra apporter une réponse à ce phénomène qui résiste à l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère.

Vendredi 27 septembre à 10 heures à Stockholm, une conférence de presse annoncera les résultats du groupe de travail n°1 du Groupe intergouvernemental  sur l’évolution du climat (Giec). Auparavant, du 23 au 26 septembre, 209 contributeurs et 50 relecteurs provenant de 39 pays plancheront sur les 600 contributions émanant de 32 pays.

Pendant cinq jours, ils traqueront les erreurs qui auraient pu leur échapper lors de l’écriture du projet de rapport. Au final, ils publieront vendredi le rapport final et la fameuse synthèse pour les décideurs, autrement dit un résumé pédagogique pour les non spécialistes.

Les fuites se multiplient

Ce rapport de 127 pages constituera le chapitre scientifique du cinquième rapport du Giec, dont l’intégralité sera publiée en octobre 2014, soit sept ans après le quatrième rapport de 2007. Déjà, les fuites d’informations sur le document de travail, plus ou moins organisées, se multiplient. Ce sont les agences de presse elles-mêmes, AFP ou Reuters, qui les diffusent. C’est dire que la discrétion affichée n’est guère respectée.

On peut donc être sûrs, d’ores et déjà, qu’aucune remise en cause des conclusions précédentes du Giec n’est à l’ordre du jour. Les experts vont réaffirmer l’existence d’un réchauffement climatique essentiellement dû à l’activité humaine. Leur degré de certitude a augmenté en passant, de 90% en 2007 à 95% aujourd’hui.  

Le nouveau rapport scientifique devra répondre à plusieurs interrogations dont la plus sensible concerne le fort ralentissement actuel du réchauffement.

Depuis près de quinze ans, entre 1998 et 2012, le réchauffement enregistré a été limité à 0,05°C par décennie, contre 0,12°C par décennie sur la période 1951-2012. Le Giec note que la période 2003-2012 a été la plus chaude depuis que les relevés météorologiques existent, c’est à dire depuis les années 1950. Cela n’est guère surprenant. Un ralentissement du réchauffement reste une augmentation de la température moyenne du globe...

Un décrochage qui fait mauvais effet

Le problème, c’est que la courbe de la température, dont la pente suivait sensiblement celle du pourcentage de CO2 dans l’atmosphère jusqu’en 1998, a décroché depuis. Elle est presque plate depuis près de quinze ans alors que le taux de CO2, lui, continue à progresser sur la même pente.

Le CO2 étant la signature de l’activité humaine, via la combustion du pétrole ou du gaz, on comprend que ce décrochage fasse mauvais effet face aux climatosceptiques qui contestent justement la responsabilité de l’homme dans le réchauffement.

Le nouveau rapport du GIEC ne pourra faire l’économie d’une explication de ce phénomène. Bien sûr, les climatologues pourront toujours alléguer des aléas d’une machine climatique complexe et du caractère probablement temporaire de cette pause dans le réchauffement, mais il serait plus convaincant d’apporter une explication au phénomène lui-même.

S’agit-il d’une absorption de la chaleur par les océans, qui couvrent les deux tiers de la planète? Dans ce cas, pourquoi ce phénomène n’est-il perceptible que depuis 1998? D’autres pensent que c’est la fonte des glaces des pôles qui refroidit les mers et fait baisser la température moyenne.

Attendons vendredi pour connaître, ou pas, la raison de ce phénomène surprenant.

M.A.

Michel Alberganti
Michel Alberganti (227 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte