LifeScience & santé

Avec Calico, Google veut rallonger notre espérance de vie

Cécile Dehesdin, mis à jour le 19.09.2013 à 10 h 54

Google, 2005, Paul Downey via Flickr CC License by.

Google, 2005, Paul Downey via Flickr CC License by.

Google lance une nouvelle entreprise qui va se concentrer sur la santé, et sur le vieillissement en particulier, rapporte le magazine Time dans un long article sur les ambitions de son co-fondateur et PDG Larry Page.

Calico, le nom de cette entreprise indépendante de Google, sera dirigée par Arthur Levinson, l'ancien PDG du pionnier de la biotechnologie Genentech. Et son but, résume Time, est tout simplement de tenter d'allonger l'espérance de vie humaine.

On peut ranger cet objectif dans les «moon shots» (tentatives d'atteindre la lune, métaphoriquement un but aussi difficilement atteignable qu'extraordinaire) de Larry Page. Google se divise entre les services grand public (Gmail, Google Search, YouTube...) et les tentatives risquées (Google Glass, les voitures qui se conduisent toutes seules, ou, donc, Calico).

«Je ne propose pas qu'on dépense tout notre argent sur ce genre de choses spéculatives, explique Larry Page au Time, mais nous devrions prendre l'équivalent de ce que les entreprises normales dépensent en recherche et développement, et le dépenser sur des choses qui ont une visée à plus long terme, et qui sont un peu plus ambitieuses.»

Pour la Silicon Valley, tout problème peut être réglé par la technologie et les données, y compris celui de la vieillesse. Et avec la quantité de données que les médecins et les chercheurs peuvent désormais recueillir sur leurs patients, Google n'a peut-être pas tort de le croire.

En se fondant sur les données et les statistiques, Larry Page arrive à des conclusions pour le moins surprenantes: 

«Si on résout le cancer, on ajoute environ trois ans à l'espérance de vie moyenne. On pense que résoudre le cancer serait ce truc énorme qui changerait le monde. Mais quand on prend un peu de distance on voit que, oui, il y a énormément de cas tragiques de cancer, et c'est très très triste, mais, globalement, ce ne serait pas une si grande avancée que ça.»

Ou comme le résume Time: pour Larry Page, «résoudre –pas soigner– le cancer pourrait être une tâche pas suffisamment importante».

Ce n'est pas la première fois qu'un fondateur de Google s'intéresse de près à la santé, via les données. En 2010, Wired rapportait que Sergey Brin cherchait un remède à la maladie de Parkinson.

Le co-fondateur de Google est porteur du gène LRRK2, qui en fait une personne à risque. Il a changé son mode de vie et donné 50 millions de dollars à la recherche contre Parkinson, estimant du coup être passé à 10% de chances d'avoir la maladie, au lieu de 30 à 75%.

Wired notait à l'époque que «beaucoup de philantropes ont financé la recherche de maladies qu'on leur avait diagnostiquées. Mais Brin est probablement le premier qui, à partir d'un test génétique, s'est mis à financer la recherche scientifique dans l'espoir d'échapper à une maladie avant même qu'elle se déclare».

Comme Larry Page, Sergey Brin proposait une approche «googlisée» de sa quête: s'inspirer des larges bases de données et d'algorithmes pour faire avancer la recherche.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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