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JO 2020: un Japonais expulsé 2 fois en 50 ans à cause des Jeux

Maïlys Masimbert, mis à jour le 17.09.2013 à 18 h 20

Logo des JO de Tokyo. Viktor Hertz via FlickrCC License by

Logo des JO de Tokyo. Viktor Hertz via FlickrCC License by

Au Japon tout le monde est content, le pays a gagné le droit d’organiser les Jeux olympiques d’été de 2020. Mais il y en a un que la nouvelle ne réjouit pas tellement: Kohei Jinno. Pour la seconde fois en moins de 50 ans, ce Japonais va être expulsé de sa maison à cause des JO.

La première fois c’était en 1964, les Jeux d'été se déroulaient déjà Tokyo. A cette occasion, un immense parc olympique entourant le stade principal a été construit, délogeant du même coup habitants et commerçants qui se trouvaient là à l’origine, explique le Japan Times. Kohei Jinno en faisait partie, et il a tout perdu. Une première fois.

Il a ensuite dû attendre deux ans avant de se voir allouer une petite maison et un bureau de tabac, visibles dans le reportage du Huffington Post, dans le quartier de Kasumigaoka, non loin du stade tout neuf. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. 

«Aujourd’hui, bis repetita: on le prie de céder le terrain pour la reconstruction et l’agrandissement des lieux d’ici à 2020», peut-on lire dans une dépêche AFP reprise par Le Matin. Et là, ça commence à faire beaucoup pour le Japonais qui confie:

«Au fond de moi, j’en veux aux JO.»

La ville propose de reloger les habitants de Kasumigaoka, dont un tiers ont 70 ans ou plus, dans trois autres bâtiments de la ville. Une offre qui laisse Kohei Jinno sceptique:

«Je vais peut-être aller dans un endroit où il sera impossible d’ouvrir un bureau de tabac. Dans ce cas je perdrai ma raison de vivre.»

Les budgets alloués à la préparation de la capitale japonaise pour les Jeux olympiques sont faramineux: un peu moins de trois milliards d’euros pour les infrastructures liées aux JO –notamment le village des sportifs et les centres pour les médias; environ quatre milliards d’euros pour réparer ou construire des routes; et un milliard d’euros pour le nouveau stade de 80.000 places en forme de casque de vélo.

Des montants qui donnent le tournis et qui agacent le vieux Japonais. Il aurait mieux valu, selon lui, que tout cet argent soit dépensé pour aider à la reconstruction du nord-est du pays, ravagé par le tsunami de 2011.

Maïlys Masimbert
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