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Web participatif: des sites d'infos dupés par de faux experts

Temps de lecture : 2 min

The Shadow. vvvracer via Flickr CC License by
The Shadow. vvvracer via Flickr CC License by

De nombreux sites d'information proposent des espaces de contribution réservés à leurs lecteurs ou à des experts non-journalistes. C'est le modèle de certains sites participatifs comme Le Plus ou Express Yourself, et une partie d'autres sites comme Rue 89 ou le Journal du Net par exemple (à Slate, on a la rubrique «tribunes», qui accueille de telles contributions ainsi que certains billets d'humeur de nos journalistes).

Or le Journal du Net s'est aperçu qu'une partie de ses contributeurs, et de ceux des autres sites, étaient en fait de faux experts: «certaines agences de relations presse, dont l'activité classique se monnaie à la baisse, ont tendance à recommander l'usurpation d'identité pour faire parler de leurs clients», affirme le site, et se servent pour cela des rubriques d'expression libre.

La recette: se trouver une fausse identité, avec faux nom mais qui ne ressemble pas trop à un pseudo, photo piquée sur des supports papiers –pour éviter d'être sourcée– ou sur des profils Facebook de personnes qui n'ont rien à voir (ça rappelle la vilaine technique des pubs qui vous promettent des pertes de poids miracles), se présenter comme «consultant indépendant» ou «analyste», voire citer de véritables entreprises prestigieuses en espérant ne pas être repéré... Et faire des liens dans ces chroniques vers ses clients ainsi que vers d'autres chroniques, afin d'asseoir sa légitimité.

Celle-ci est aussi appuyée quand de véritables acteurs du débat public, en plus des médias, se font avoir, comme par exemple le Centre d'Analyse stratégique de Matignon rédigeant un tweet renvoyant vers une contribution publiée sur Le Plus d'un faux «journaliste freelance», explique le JDN.

Le site a contacté ce faux journaliste, qui a fini par admettre qu'il écrivait sous un nom d'emprunt et était payé par un moteur de recherche de formations pour le faire buzzer.

Dans un deuxième article, le JDN a mis au point un tableau recensant les principales marques qui profitent de ce système arnaqueur, dont la Banque Sainte-Olive, la Banque Publique d'Investissement, Numericable, ou... l'Ukraine. Le site précise que celles-ci ne sont pas forcément toutes au courant. Elles peuvent avoir fait appel à une agence de pub qui a opté pour cette technique de filou par exemple.

Le JDN appuie sa démonstration sur une série de captures d'écran, et heureusement: depuis la mise en ligne de ces deux articles, de nombreuses tribunes ont disparu des sites en question (le JDN recense, en plus de L'Express et Le Plus: Mediapart, Les Echos, Le Figaro, Economie Matin, Huffington Post, Atlantico et le JDN) ou ont été modifiées pour enlever des références à certaines marques.

Cécile Dehesdin Rédactrice en chef adjointe

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