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L'art de faire une présentation Powerpoint ratée expliqué en dix slides

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 13.09.2013 à 18 h 42

En août dernier, le chercheur Nick Hopwood de l'université de Technologie de Sydney a poussé un cri de colère contre les mauvaises présentations Powerpoint lors des colloques, séminaires et innombrables occasions pour ses confrères de prendre la parole en s'appuyant sur le fameux logiciel qui équipe beaucoup trop d'ordinateurs dans les labos et les universités...

Intitulée «Etre brillant (ou pas) lors d'une présentation académique», la série de dix slides mérite vraiment d'être lue au-delà du cercle universitaire, car elle correspond parfaitement aux tics de présentation qu'on retrouvera dans tout lieu ou les prises de parole se succèdent, ce qui rend le public d'autant plus impatient et distrait —et peut rendre votre prestation encore plus catastrophique (c'est-à-dire que la prestation ne sera pas seulement jugée inintéressante, souligne l'auteur: elle laissera une mauvaise impression de l'orateur).

Le problème vient selon l'auteur du fait que les gens, ce qui se comprend, sont stressés et veulent avant tout montrer qu'ils ont énormément travaillé: d'où l'avalanche de bullet points, de slides, de mots, d'animations, etc.

Sur son blog, il précise:

«Ne partez pas de l'idée que tout le monde partage votre passion pour tout ce qui a déjà été écrit dans votre domaine. Si je suis dans votre champ de recherches, il y a des chances pour que je le sache déjà. Si je ne le suis pas, je m'intéresse à vous et à vos idées plus qu'aux recherches existantes. Je suis venu vous écouter avec la promesse d'entendre quelque chose de nouveau».

Sur son troisième slide, le farceur montre par exemple, sur un horrible fond qui rend l'ensemble illisible, l'erreur fréquemment commise en introduction: être trop long à la détente.

Cette slide parodique fournit un bon exemple à ne pas suivre:

  • «La première partie de ma présentation consistera à vous raconter la suite de ma présentation,
  • La seconde partie viendra après la première
  • [...]
  • La partie qui suit est très importante et c'est là que la valeur ajoutée arrive, mais ne vous en faites pas parce que mon temps de parole arrivera à terme avant que j'y arrive
  • La partie d'après est consacrée au débat, mais je suis plus important que vous donc ça n'arrivera pas.»

Impitoyable, l'universitaire poursuit:

«Bien sûr votre audience d'universitaires est illettrée, vous lui faites donc une grande faveur en lui lisant ce que vous avez écrit sur vos slides».

Surtout, Hopwood insiste lourdement sur un point fatidique: PAS de bullet points. Ou alors, vraiment à la limite s'il s'agit bien de la meilleure manière d'effectuer la transition entre plusieurs idées. Pour conclure, voici les «guidelines» et autre «best practices» pour laisser une bonne impression lors de vos «prez'» —avec des bullet points, s'il vous plaît.

  • «3 slides pour 10 minutes de prise de parole
  • Pas de bullet points
  • 30 mots par slide max
  • Pas de bullet points
  • Pensez à répéter
  • Pas de bullet points
  • Préparez-vous à pouvoir en dire moins que ce qui était prévu et acceptez-le
  • Est-ce que j'ai mentionné les bullet points?»

Et pour le plaisir des yeux, le site InFocus publie un classement des présentations PowerPoint les plus ratées.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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