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Non, les gauchers ne meurent pas plus jeunes que les droitiers

Laszlo Perelstein, mis à jour le 30.09.2013 à 11 h 14

Caught red-handed. Fjdhancock via Flickr CC License by.

Caught red-handed. Fjdhancock via Flickr CC License by.

Longtemps, on a cru que les gauchers avaient une espérance de vie moindre que les droitiers. C’est du moins ce qu’affirmait une étude réalisée en 1991 par le professeur Stanley Coren et la psychologue Diane Halpern de l’Université de Columbia. Après avoir recueilli des données concernant près de 2.000 morts en Californie du Sud, ils étaient arrivés à la conclusion que les gauchers avaient une durée de vie moyenne de 66 ans, contre 75 ans pour les droitiers. Une affirmation complètement erronée, assure aujourd'hui la BBC.

Et pour cause, les morts étudiés ont vécu à une époque où être gaucher était mal vu. Dès leur plus jeune âge, les gauchers étaient donc contraints d’apprendre à se servir de la main droite, comme les droitiers «naturels», d’où l’expression « gaucher contrarié». 

«Le résultat est que les gauchers sont devenus stigmatisés –vus comme incompétents, stupides», rappelle Chris McManus, professeur de psychologie et d’éduction médicale à l’University College London, également auteur de Right Hand, Left Hand.

Au fil des années, la pression sociale s’est relâchée et l’on a vu une augmentation du nombre de gauchers assumés, qui représentent «naturellement entre 10 et 11% de la population», précise McManus.

Quand ils ont réalisé leur étude, Coren et Halpern ignoraient cette information, d'où leur conclusion erronnée. En effet, plus on avance dans le temps, plus les personnes qui se déclarent gauchères sont nombreuses, jusqu'à atteindre les 10 à 11% de la population évoqué par McManus.

Dans les statistiques des 2.000 morts analysés par Coren et Halpern, les gauchers sont donc statistiquement plus jeunes que les droitiers; les gauchers des  générations passés étant devenus droitiers par contrainte. Il n’est donc pas étonnant que les chercheurs de l'Université de Colombie soient arrivés à la conclusion que les droitiers avaient une durée de vie plus importante.

Comme le fait remarquer le site américain Marginal Revolution, l’on obtiendrait des résultats similaires en comparant le taux de mortalité des personnes ayant lu Harry Potter à celles ne l’ayant pas fait. Simplement parce que le livre s’adresse aux générations les plus jeunes et qu’il est peu probable qu’il ait été lu par des personnes plus âgées, on arriverait à la conclusion que les personnes ayant lu la saga meurent plus jeunes. Devenu l’antéchrist dans un comics, Harry serait plutôt content d’apprendre cette nouvelle.

Laszlo Perelstein
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