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Il y a plus de composants chimiques dans l'urine que dans le Chanel n°5

Laszlo Perelstein, mis à jour le 18.09.2013 à 10 h 09

Micah Baldwin via Flickr CC License creative common by

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Après plusieurs milliers d'années d'existence, l'Homme a encore des choses à apprendre sur son urine. Il y a quelques années, on découvrait qu'elle pouvait être utilisée comme carburant; aujourd'hui, on découvre qu'elle contient plus de 3.000 composants chimiques, très loin devant les 80 qui composent le Chanel N°5. Une équipe de l’université d’Alberta est parvenue à les déterminer grâce au travail d'une vingtaine de chercheurs pendant près de sept ans, rapporte EurekAlert. 

Actuellement, les ouvrages de médicine ne répertorient au mieux qu'une centaine de composants chimiques. Un nombre qui se réduit même à six ou sept quand on parle d'analyse en clinique, comme lors de tests de détection de drogue ou d'infection urinaire, selon David Wishart. Ce scientifique, qui a dirigé l'équipe de recherche, estime que «multiplier la liste des produits chimiques connus dans l’urine par 30 et améliorer la technologie pour que nous soyons capables d’en détecter des centaines à la fois pourrait vraiment être un changement majeur pour les tests médicaux»

Le corps humain produit entre 1,5 et 2 litres d'urine par jour, et celle-ci est donc un outil fiable dans l'étude de notre métabolisme, rappellent les chercheurs. Ainsi, les résultats de cette étude ouvrent la voie au remplacement de tests utilisant des échantillons sanguins ou issus d’une biopsie par des tests d’urine, comme pour la détection de cancer du colon, de la prostate ou encore lors de rejet de transplantation d’organe. Wishart rapporte que de tels tests d'urine sont déjà en projet ou sur le point d'entrer sur le marché.

Désireux de voir les résultats de leur recherche utilisée comme point de départ de nouvelles études, les membres de l'université d'Alberta ont par ailleurs constitué une base de données en libre accès de leurs résultats, rapporte le site scientifique PLOS ONE. Une démarche qui s'inscrit dans la continuité de leurs analyses du corps humain, rapporte EurekAlert.

La même équipe de chercheurs avait déjà travaillé sur la composition chimique du fluide céphalo-rachidien en 2008 puis sur celle du sang en 2011, toujours dans le souci d'explorer d'avantage les secrets du corps humain.

Laszlo Perelstein
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