En Arctique et en Antarctique, l'été n'a pas été caniculaire

Le fameux passage du nord-ouest pendant l'été 2012 était libre de glace. Ce n'est plus le cas cette année. Source: Nasa Earth Observatory.

Le fameux passage du nord-ouest pendant l'été 2012 était libre de glace. Ce n'est plus le cas cette année. Source: Nasa Earth Observatory.

Après avoir battu des records de fonte en 2012, la couverture de glace a fortement augmenté pendant l'été 2013 en Arctique. Elle atteint par ailleurs un niveau exceptionnel dans l'Antarctique

Le climat n’en finit pas de nous surprendre. Jusqu’en 2012, la fonte des glaces en Arctique constituait l’un des principaux symptômes du réchauffement climatique. Plus rapide que prévu par les experts, ce phénomène ne cessait de s’aggraver, d’année en année. Déjà, on parlait d’ouverture du fameux passage du nord-ouest, qui allait raccourcir considérablement les temps de trajet entre l’Asie et l’Europe pour le trafic maritime.

Et puis, cette année, pendant que la France battait des records de chaleur en juillet avant un mois d’août comme on les aime, chaud et sec, il n’en allait pas de même en Arctique.

La surface de l’océan arctique couverte par la glace a atteint 5,83 millions de km2 le 21 août 2013, contre un minimum de 4,34 millions de km2 enregistré en août 2012, et même de 3,41 millions de km2 le 16 septembre. Certes, on reste loin du record de 1996: pendant la canicule qui sévissait alors en Europe, la couverture de glace en Arctique avait atteint un niveau record de 8,2 millions de km2.

En 2012, le taux de couverture par la glace ne dépassait pas la moitié de la moyenne enregistrée entre 1979 et 2010. Le 26 août 2013, Joey Comiso, chercheur au Goddard Space Flight Center et auteur du chapitre sur les observations de la cryosphère pour le prochain rapport du Giec, estimait que les trois semaines de dégel restantes ne devraient guère modifier le constat actuel, même si la météo de l’Arctique peut réserver des surprises comme le cyclone qui s’est produit en août 2012.

La tempête avait alors, en se produisant dans une zone de mer libre, produit un mélange des morceaux de glace les plus petits avec une eau relativement chaude. Cette année, les tempêtes ont touché des zones où la glace est plus solide et la fonte ne s’est pas produite aussi fortement.

De l’autre coté de la planète, en Antarctique, la glace de mer est en passe de battre un record historique avec une surface de 19,3 millions de km2 enregistrée le 21 août 2013. En 2012, cette surface n’avait pas dépassé les 18,33 millions de km2. Le phénomène, jugé contre-intuitif par les experts, fait l’objet de nombreuses études en ce moment. Globalement, le taux de perte de glace en Arctique reste supérieur au gain de glace en Antarctique.

Ces constats confirment que l’évolution du climat aux pôles reste très difficile à comprendre. Nul doute que le retournement de tendance observé en 2013 devra être expliqué par le rapport scientifique du Giec, qui doit être rendu public fin septembre.

Mais les experts auront bien peu de temps pour finaliser leur analyse. En revanche, les climatosceptiques devraient s’engouffrer dans la brèche. Plus de CO2 dans l’atmosphère, plus de glace aux pôles... Ils n’en espéraient sans doute pas tant.

M. A.

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