Lu, Vu & EntenduLife

Et si les Etats-Unis battaient le Costa Rica grâce à un stade chinois?

Laszlo Perelstein, mis à jour le 05.09.2013 à 16 h 45

Johnny Araya Monge via Flickr CC License common creative by

Johnny Araya Monge via Flickr CC License common creative by

En ce moment, tout va plutôt bien pour l'équipe de football du Costa Rica. Après les six matchs (sur dix) des éliminatoires de la Coupe du monde qu'elle a joués, l'équipe s'est classée juste derrière les Américains, seule équipe à l'avoir vaincue.

Les deux pays s'opposeront en match retour vendredi dans le nouveau stade national San José, devant près de 35.000 spectateurs. Hélas, c'est là qu'est l'os pour le Pacific Standard, qui estime que ce stade pourrait permettre aux États-Unis de remporter leur première victoire en éliminatoire de Coupe de monde en Amérique centrale. 

«Déjà en ruine» selon le Costarican Times, l'infrastructure possède une histoire toute particulière que le Pacific Standard ne manque pas de rappeler. Offert par la République populaire de Chine, San José a coûté près de 105 millions de dollars. D'où vient ce cadeau? D’un accord signé en 2007 entre Hu Jintao, alors Secrétaire général du Parti communiste chinois, et le président costaricain de l’époque, Óscar Arias Sánchez. D’après les détails de l’accord, expliqués sur le site The Football Ramble:

«Arias a autorisé que ce soit des travailleurs chinois qui construisent le stade, malgré la crise économique globale qui frappe le Costa Rica. En outre, il a autorisé la compagnie chinoise en charge à outrepasser le code de travail du pays, ainsi que des droits de l’homme.»

De fait, la construction de ce stade n’a que très peu rapporté au Costa Rica, «la plupart des matériaux étaient transportés de Chine». L’accord incluait également la rupture de «60 années de relations avec Taïwan pour établir des relations avec la Chine continentale», entraînant la signature «d’un traité de libre-échange, en vigueur depuis août 2011» faisant passer la Chine au rang de deuxième partenaire commercial du pays d’Amérique centrale, selon le site gouvernemental France Diplomatie.

À l’époque de l’inauguration du stade, en mars 2011, le Guardian rapportait que les Costaricains n’étaient pas particulièrement enjoués des contreparties que leur pays avait dû payer pour obtenir sa construction. Le journal britannique rapportait ainsi les propos de Jason, 31 ans et ancien technicien de laboratoire, «très fier du stade» mais qui «n’apprécie pas que [son pays] ait des relations avec un pays communiste».

Mise en lumière du match opposant le Costa Rica et les États-Unis, joué en mars 2013.

L'affaire aurait pu s'arrêter là mais la fédération de football du Costa Rica, dont les protestations après le match enneigé contre les États-Unis ont été rejetées par la Fifa, a exprimé son envie de jouer dans l'ancien stade national, Saprissa. Surnommé la «Cave du monstre», l’endroit est connu pour la férocité et l’enthousiasme de ses supporters, placés très près de la pelouse. Associated Press expose ainsi que des fans ont déjà jeté «des sacs d’urine et autres projectiles» sur les équipes adverses. L'abandon de l'idée a certainement dû rassurer les footballeurs américains, moins les locaux.

Accueil de l'équipe américaine de football au Costa Rica par des supporters, le 3 septembre.

Éloignés des pelouses et sans doute privés de leurs sacs d'urines, les supporters de l'équipe nationale devront rivaliser d'ingéniosité pour aider leur équipe à triompher. Apparemment ils n'en manquent pas, rapporte le Costa Rica Star, qui détaille les potentiels méfaits, comme créer des bouchons pour empêcher les joueurs américains de s’entraîner ou nuire à leur sommeil en faisant du bruit à côté de leur hôtel.

À la façon dont a été accueillie à l'aéroport la sélection nationale des États-Unis, on ne doute pas que le Costa Rica soit prêt à tout pour triompher.

Laszlo Perelstein
Laszlo Perelstein (83 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte